Portrait Alexandra Roost

 

Alexandra Roost est journaliste. Depuis quatre ans, elle anime « Le grand show », une émission quotidienne sur Non Stop People. Je l’ai rencontrée via un ami commun lors d’un dîner et notre échange sur la vie après la vie fut très intéressant.

 

Elle est mon invitée des « Rencontres féeriques ». Chaque jour de la semaine, vous découvrirez une partie de son entretien. Je la remercie d’avoir accepté mon invitation et du temps que nous avons passé à l’hôtel Renaissance Paris Arc de Triomphe à discuter de la magie de la vie, du deuil et de la manière de le vivre ainsi que de sa passion pour le sport. Cette jeune femme m’a touchée par sa sincérité, sa douceur et son amour des autres.

 Découvrez sa page Facebook : https://www.facebook.com/alexandra.roost.3

 

Il y a différentes façons de méditer en fonction de chacun. La méditation guidée peut, peut-être, t’aider pour débuter.

Et toi, après la méditation tu sens un bien-être ?

Oui, absolument, ça me réaligne pour ma journée et en plus je suis beaucoup plus efficace.

 

Cette hygiène de vie n’est-elle pas un moyen d’être bienveillant envers soi ? Tu parlais de la bienveillance envers l’autre mais ne penses-tu pas que c’est aussi important de l’être avec soi ?

Oui mais je pense que c’est plus difficile.

 

Pourquoi ?
Parce qu’on a toujours tendance à trouver des choses qui ne vont pas, à être dur, avec soi, avec sa manière de travailler. Dans le travail ce n’est pas facile, on essaie toujours de se remettre en question, on doute beaucoup. Mais effectivement prendre soin de soi, soigner son être, c’est aussi prendre soin de qui on est profondément. Et puis je me dis que les épreuves de vie nous amènent de toute façon à une évolution. Il faut choisir de les vivre le mieux possible pour évoluer. Evidemment que c’est terrible de perdre quelqu’un mais de toute façon on n’a pas le choix, c’est comme ça alors soit on choisit de rester dans les choses négatives soit on essaie d’être bienveillant avec soi en acceptant sa peine, son chagrin mais en continuant à avancer. Oui souvent je repars dans cette tristesse et dans cette douleur, j’ai perdu mon père, il y a quatre mois mais je me dis qu’il est parti, qu’il est certainement quelque part près de moi mais qu’il faut que j’avance pour lui et que je fasse de son départ quelque chose qui n’est pas vain.

 

Mais il faut aussi que tu t’accordes du temps. Ne sois pas trop dure avec toi. Le processus de deuil se fait en plusieurs étapes, à chacun de le vivre à son rythme. Savoir accueillir ses émotions pour les transformer. Parfois une aide extérieure est nécessaire, un médecin, un thérapeute.

On parlait de la bienveillance, avoir de la bienveillance envers soi et d’accepter mais on m’a déjà dit que ce n’était pas normal d’être dans cet état de souffrance, tout le monde continue sa vie et je deviens dure avec moi car il faut vivre avec tout ça et je me demande pourquoi je n’arrive pas à me relever. La bienveillance j’en ai besoin sur ce point-là, accepter ma peine, d’être malheureuse d’avoir perdu la personne qui comptait le plus pour moi au monde.

Mais le regard des autres n’est pas toujours évident.
 
Ce regard a-t-il une aussi grande importance ?

Tu sais bien que les gens préfèrent fréquenter des personnes lumineuses, heureuses.

 

Bien sûr, mais on parle de la perte d’un être cher et cela fait seulement quatre mois… ce n’est pas comparable avec une personne négative et qui voit toujours la vie de manière sombre.

De toute façon concernant la disparition d’un être cher, la blessure est à vie, le temps estompe seulement. Après, c’est de savoir comment on vit avec cette absence physique mais on ne peut pas reprocher à quelqu’un d’être triste d’avoir perdu une personne qu’elle aimait. Tout dépend également de la façon dont l’autre te fait vivre son chagrin. Mais avoir de la compassion est, me semble-t-il, important dans une relation.

Je suis entourée de personnes qui ont des tempéraments de fonceurs, qui ne montrent pas leurs émotions et qui ont tendance à vouloir m’aider à essayer de me bouger, à reprendre le dessus. Elles ne vont pas être tellement dans la complaisance ou dans l’empathie par rapport à ma peine. Ce n’est pas évident de gérer tous les jours le deuil.

 

Il y aura des réminiscences… D’ici quelques temps, tu seras bien et puis il est possible que lors d’un événement, d’une expo, d’un film, un mot ou une chose vienne réveiller ce chagrin. Je l’ai vécu avec la mort de mon frère mais c’est normal tant que ça ne dure pas jusqu’à se transformer en véritable mal-être. Et puis à d’autres moments, ces clins d’œil apportent le sourire, rappellent les bons souvenirs. Il faut laisser le temps au temps…

Quand on a ces petits signes qui nous rappellent l’être aimé, ça peut nous faire sourire aussi. Je sens énormément son parfum.

 

Et alors du coup pour toi que représente la mort ?

J’ai bien changé d’avis sur ça. Avant de perdre mon grand-père, ma grand-mère et mon père, en cinq ans, je n’avais pas vraiment de notions mais il n’y avait pas grand-chose après. Je ne m’y intéressais pas en fait, ça ne faisait pas partie de ma vie. Je n’y avais pas été confrontée. J’étais entourée de gens qui n’y étaient pas confrontés non plus. Au décès de ma grand-mère, j’ai senti une vague d’amour quand elle est partie, je l’ai veillée, je l’ai serrée très fort dans mes bras et je me suis dit qu’en fait la mort ça ne fait pas peur. Idem pour mon grand-père. Mon père je l’ai veillé jusqu’au dernier souffle dans une étreinte forte. La mort ne me fait pas peur et j’ai maintenant la conviction, à travers ses trois décès successifs, qu’il y a quelque chose après. Chez mon grand-père, j’ai eu des choses, des signes, pourtant je n’en parlais pas avec lui, même lui n’abordait pas du tout le sujet de son vivant. Il y a pourtant des objets qui ont bougé, d’autres qui sont tombés, il y a une clé qu’on n’arrive plus à mettre dans une serrure et tout ceci à des moments assez symboliques dans mon parcours. Il voulait que je me fasse absolument baptiser, il n’a pas pu voir ça. J’ai cheminé à l’âge adulte, mes parents m’ont laissé libre de choisir une religion, mais je n’ai pas pu partager cette foi avec mon grand-père. Il y a eu des signes qui se sont manifestés le jour de mon baptême lors de mon entrée dans l’église. Je me suis dit qu’il avait dû très certainement voir ça de là-haut et c’est une manière d’exprimer sa joie ou du moins de me dire qu’il n’était pas très loin. Tout ça m’a permis d’évoluer sur la question. En fréquentant les hôpitaux avec mon père, j’ai côtoyé des services de réanimation, j’ai beaucoup échangé avec le personnel soignant, lui-même témoin de choses que la médecine n’explique pas. Des départs où il se passe des choses, ça m’a vraiment fait réfléchir. Je pense que réellement nous sommes de passage sur cette Terre mais que ce n’est pas la fin et je poursuis mon deuil dans cette idée-là. Ça m’aide beaucoup. J’ai un rapport plutôt bienveillant avec la mort, et d’un autre côté, on n’a pas le choix.

 

Maintenant tu crois à la vie après la vie ?

Complètement. Je ne sais pas sous quelle forme, je t’ai beaucoup questionnée lors de notre rencontre, je regarde sur Internet plein de choses. Je ne sais pas si on a la même apparence physique, si on est juste une conscience. On ne le sait pas tant qu’on n’est pas passé de l’autre côté. On n’a pas la certitude, on peut avoir une idée.

L’âme survit au corps. Le corps est le véhicule d’une âme, on l’incarne. On a une évolution sur cette Terre, on n’est pas là pour rien. On a des choses à faire mais ce n’est que le passage vers autre chose. J’espère qu’on se retrouve. Mon père avant qu’il parte, la seule manière de pouvoir lui fermer les yeux et d’accepter son dernier souffle, c’était sa promesse : « je viendrais te chercher quand ce sera ton heure, je serais là ». Ça me permet de continuer et je me dis que j’ai des choses à faire, que je dois évoluer et qu’il faut que j’essaie de rendre tout ce que l’on m’a donné, tous ces êtres merveilleux que j’ai rencontrés, que j’essaie de continuer de transmettre ça à mes enfants quand je serais maman. Quand le moment du passage arrivera, essayer de partir sereinement.

 

Découvrez la suite demain…

 

 

Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA