Crédit Photo : Gilles Gustine pour FTV

 

Carinne Teyssandier est animatrice télé et chroniqueuse culinaire. Vous pouvez la retrouver sur France 2 dans Télématin où elle présente des recettes de cuisine inédites. Elle anime également sur France 5 « Les escapades de Petitrenaud » et le jeu « 8 chances de tout gagner » sur France 3.

 

Vous pouvez suivre son actualité sur sa page Facebook :

https://www.facebook.com/Carinne-Teyssandier-39002180518/

 

Carinne Teyssandier est mon invitée des « Douceurs de l’âme ». Je l’ai rencontrée à l’hôtel Renaissance Paris Arc de Triomphe et nous avons partagé un moment empreint de belles énergies. Des synchronicités se sont invitées à notre table. Je la remercie de sa gentillesse et de sa disponibilité. Je remercie également Thierry Beccaro de nous avoir présentées.

 

Vous avez démarré à la télévision à l’âge de 22 ans ?

Oui j’étais toute jeune.

 

Pouvez-vous me raconter votre parcours ?

J’ai fait des études de communication et j’ai fait mon mémoire de fin d’études sur le métier d’animateur TV. Je ne connaissais personne dans ce milieu-là. J’habitais Lyon et j’ai envoyé une petite lettre avec mon projet à Marie-Ange Nardi qui, à l’époque, animait le jeu « Qui est qui ? » sur France 2. Elle a accepté d’être la marraine de mon mémoire, j’étais toute contente. Petit clin d’œil de la vie : des années après, on m’a proposé de faire « Pyramide » sur France 2 et de prendre sa place, du moins en étant maître-mot. J’ai trouvé cela vraiment mignon car la boucle est bouclée.

Suite à ce mémoire de fin d’études, j’ai commencé d’abord en presse écrite puis à faire un petit peu de radio et très vite de la télévision. Un ami chroniqueur sur France 3 Bourgogne Franche-Comté m’a conseillé de faire le casting que France 3 Bourgogne organisait, c’était pour l’émission « Côté maison ». Finalement l’équipe me propose d’animer l’émission « Coté cuisine » plutôt qu’une chronique dans « Coté maison ». Et ça a commencé comme ça. À vingt-deux ans, on m’a confié mon premier magazine. C’était tous les samedis avant « Question pour un champion ». Aujourd’hui je reprends « les escapades de Petitrenaud » et c’est drôle parce que je retrouve des Chefs que j’ai connus il y a quinze ans, je les revois, ils ont évolué, ils ont pris, pour certains, une étoile. C’est formidable. Il y a une espèce de continuité, ça faisait longtemps que je n’étais pas retournée sur le terrain et ça me fait vraiment plaisir. Un an après avoir commencé « Coté cuisine », il y a Dominique Farrugia qui a lancé sa chaine « Cuisine TV ». Je l’ai rencontré et je lui ai montré ce que je faisais. Et je lui ai proposé de travailler ensemble, ce que nous avons fait. Ça a duré toute la durée de vie de cette chaîne du lancement jusqu’à sa fermeture. Ça était une aventure formidable. « Cuisine TV » m’a demandé de sortir la version papier de mes magazines, des fiches cuisine. J’ai sorti les livres, les fiches cuisine du marché, les fiches cuisine des vacances. Le livre est arrivé pour la promotion sur le bureau de William Leymergie en 2007, et du coup il m’a appelée, j’ai eu rendez-vous avec lui et depuis dix ans je fais « Télématin » et puis est arrivé le jeu de France 3 il y a un an. Tout s’est enchainé, cadeau du ciel.

 

 

Comment vous êtes arrivée à la cuisine, quel a été le déclic ?

En fait, c’est la télé qui a choisi pour moi finalement parce qu’ils m’ont directement mise sur une émission de cuisine. Je pense que ma bonhommie et ma morphologie les ont un petit peu aiguillés dans ce sens-là. En fait j’ai accepté sans hésiter une seconde parce que, oui évidemment, j’ai toujours aimé bien manger. Je suis née à Lyon, déjà ça partait bien, et avec ma grand-mère j’ai toujours fait le marché. On respectait les saisons, je me souviens de ma grand-mère qui m’achetait les premières cerises. Avec elle, j’ai fait mes premiers gâteaux, le gâteau Carinne. Elle découpait les recettes dans les programmes TV et elle les collait dans des vieux agendas. Je garde ses livres de cuisine comme le Graal. C’est vraiment quelque chose de très précieux pour moi. Ma grand-mère aimait bien faire des repas d’anniversaire, de la préparation jusqu’au dressage de la table. Elle faisait les menus à la main, elle aimait bien plier ses serviettes et je participais à tout ça.

 

Une créative…

Oui c’est vrai.

 

Et pour vous, quel sens donnez-vous réellement à la cuisine ?

La cuisine représente le partage. Il y a les notions de plaisir, ce sont des notions extrêmement douces. C’est ce lien que j’ai avec les téléspectateurs. Si je parlais politique ou sport, je n’aurais pas le même rapport aux gens. En cuisine, on parle aux ventres, on parle à ce qu’ils ont de plus intime parce que la façon de manger, c’est aussi quelque chose de très personnel. Le dicton dit « Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es ? » mais c’est vrai on touche vraiment à l’intime, aux secrets, aux fondations, à quelque chose même d’inconscient. Du coup, je trouve que c’est vraiment un sujet formidable qui ouvre beaucoup de portes.

 

Vous êtes plutôt sucrée ou salée ?

Jusqu’à présent j’étais très bec sucré. J’aime les douceurs, j’aime les desserts, le chocolat, je suis une vraie gourmande. Et de plus en plus je suis salée aussi, un bon plateau de fromages, un bon poulet rôti et des petites pommes de terre confites dans le jus. En fait, tant que c’est bon… c’est tout le drame, je suis sucrée mais je suis aussi salée.

 

Je vais vous demander d’associer un plat à un mot aux tonalités féeriques.

 

  • la féerie

Je penserai à un ingrédient, au sucre qui pétille, qui claque dans la bouche. On a des sucettes qui font pétiller la bouche. Pour moi, la féerie c’est ça. On aime tout ce qui pétille, qui brille, qui étincelle, qui scintille. C ‘est vraiment tout cet univers-là. On sera plutôt sur du sucré, c’est pour ça que je pense à cette petite poudre de perlimpinpin. Mais aussi à la poudre d’or qu’on peut rajouter sur un petit macaron chocolat. On sera plutôt dans cet univers doré, pétillant. C’est le petit supplément d’âme qu’on va mettre sur un gâteau pour justement le rendre féerique, plus brillant, plus magique.

 

Vous avez des souvenirs d’un gâteau d’enfance ?

Pour moi c’est le gâteau à l’ananas au caramel. Au fond du plat, on fait un caramel, on dispose les tranches d’ananas, on verse son appareil dessus et on enfourne et c’est surtout quand on le renverse avec ce caramel ; Oh mon Dieu. Ça c’est vraiment le souvenir de ma grand-mère qui faisait bien ce dessert-là et le gâteau Carinne qu’on faisait ensemble, qui n’est d’autre qu’un gâteau au yaourt, que j’adorais faire avec elle. Quand on est enfant, on aime mettre les mains dedans. Je vois ma fille, rien ne lui fait plus plaisir que de verser, mélanger, casser les œufs. C’est le bonheur complet.

  • la sérénité

Ce sera un plat vegan, quelque chose, effectivement, sans animaux. C’est un éveil que j’ai de plus en plus, au fur et à mesure que j’avance. Je pense que je finirais végétarienne. C’est encore un long chemin parce que je pense qu’on ne le devient pas en claquant des doigts. Je fais de nombreux reportages où je vais justement sur des exploitations, où je vais participer à la pêche. Il y a des trucs supers. Il y a vraiment des gens qui travaillent bien, qui prennent soin des animaux et de leurs conditions mais ce n’est pas tout le temps le cas et du coup il y a certaines choses qui me retournent le ventre.

Je vais reprendre la formule du power bowl. Ces assiettes complètes à l’intérieur desquelles on a tout. Face à ça, on est serein car on a tout à l’intérieur, on n’a pas besoin d’aller chercher à droite ou à gauche. Tout est là devant soi. C’est joli, c’est coloré. On a, je ne sais pas, boulgour ou quinoa, un peu d’avocat, des petites graines germées, j’adore l’orge perlée avec un petit confit d’aubergines, un bon assaisonnement avec une huile évidemment première pression à froid, avec des noix de cajou pour les bons acides gras qui croquent sous la dent, un peu de mâche, ne pas hésiter à mettre quelques fruits dedans, des myrtilles par exemple. Le tout avec un petit thé vert au jasmin.

 

  • la tendresse

Là aussi on va aller sur du sucré, sur du chocolaté. Peut-être une fondue au chocolat, du chocolat brut fondu dans lequel on tremperait des fruits, des chamallows  ; quelque chose de très mou dans la texture, très enrobant, enveloppant où l’on a envie de se mettre, avec beaucoup de tendresse, de douceur et de goût.

 

Avez-vous le souvenir d’un moment de tendresse qui vous aurait marqué ?

J’adore faire des gâteaux avec ma fille. Oui, le moment où l’on a terminé le gâteau et où l’on va lécher le saladier parce que c’est là le meilleur. La pâte crue qu’on récupère au fond du saladier et l’on s’en met plein les moustaches et puis ça se finit par un gros bisou. Le moment de tendresse est certainement là.

  • la créativité

Il y en a, en amont avant même de faire la recette, dans le choix des ingrédients, dans la façon de les assembler. Mais elle serait aussi beaucoup au moment du dressage. Je n’ai pas de restaurant, je ne suis pas chef, en revanche je fais de l’image. Il faut que ce que je présente soit joli, équilibré, coloré, qu’il y ait du volume donc il faut faire preuve de créativité. Il faut choisir la bonne assiette dans les tonalités et puis il faut assembler les ingrédients, les couleurs, les volumes, les textures joliment dans l’assiette pour donner envie, pour avoir ce qu’on appelle un beau pack shot. Ce n’est pas temps une recette mais c’est quelque chose qu’on doit avoir, un esprit graphique, un sens artistique. Les grands chefs quand ils dressent une assiette c’est sublime, c’est un tableau c’est une œuvre d’art. La cuisine bien sûr c’est un art. Partir d’une matière brute pour terminer avec une assiette splendide, évidemment qu’il faut être un artiste pour arriver jusque-là.

 

  • la gratitude

Ce ne sera pas quelque chose qui est pour soi, ce sera tourné vers l’autre. On est sur quelque chose qu’on va offrir, peut-être comme un petit cadeau d’invités. Quand on arrive à un dîner, j’aime bien faire ça sur les repas de fêtes, donner un petit cadeau à chacun. Ça peut être des petits biscuits qu’on a préparés pour chaque convive, des petits cookies ou autres qu’on a mis dans un joli sachet et qu’on va offrir à l’autre. Ça peut être des oranges confites ou même des truffes parce que c’est facile à faire. Si on manque de temps, c’est quelque chose de vite fait mais au moins on le fait pour l’autre. Pour le plaisir qu’on a à l’avoir à notre table, ce serait le petit cadeau, le petit supplément d’âme qu’on va mettre à côté de l’assiette et qu’on va offrir à l’autre.

 

Et pour vous que représente la gratitude ?

La gratitude, je crois que c’est vraiment mon quotidien. Je me lève en disant merci. Merci pour cette belle journée, merci d’avoir mes proches en bonne santé, merci pour les belles rencontres que je vais faire aujourd’hui. Ça commence comme ça et ça se finit comme ça. Merci de m’avoir fait rencontrer telle personne, merci de m’avoir fait vivre tel moment, merci d’avoir fait que ma chronique se passe bien. Je dis merci tout le temps.

 

Vous l’incarnez en fait ?

Oui et puis c’est vraiment quelque chose que j’essaie de transmettre à ma fille en lui disant tu sais tout n’est pas dû, si tu as eu la chance de faire ce beau dessin ou d’aller à l’école du cirque avec ce copain-là, tu dois vivre le moment en pleine conscience, c’est ça aussi. Le soir on se pose et puis on dit merci. On dit merci à nos petits anges, c’est quelque chose que je lui apprends depuis toujours parce que je suis persuadée que même dans les moments difficiles – et Dieu sait si j’en ai eus- et bien merci aussi à ces gens qui ont été parfois mal intentionnés envers moi mais s’ils l’ont fait c’est que je leur ai permis de le faire, c’est qu’il fallait que je passe par là pour comprendre certaines choses alors même à ceux qui ne m’ont pas toujours voulu que du bien, je leur dis merci parce que j’ai grandi grâce à eux. La gratitude est au centre de ma vie.

 

Si vous deviez composer un menu qui représenterait la bienveillance…

La bienveillance est aussi une notion fondamentale pour moi. À l’antenne, je ne pourrais pas faire autrement. Je ne pourrai pas aller voir un chef et juger son travail en disant de mauvaises choses, je ne suis pas là pour ça. Si vraiment ça ne me plaît pas, je ne le fais pas. Et puis je ne vois pas pourquoi on irait attaquer des gens ou les critiquer devant tout le monde, publiquement. Je suis qui pour faire ça ? Pour moi, la bienveillance c’est aussi la base de mon métier. On est là pour partager du plaisir, de bonnes émotions et pas pour dire du mal. Ce serait un menu coloré qui commencerait, peut-être, par l’une de mes entrées préférées qui est très fraîche et extrêmement colorée, que tout le monde adore – qui était l’entrée de mon mariage – ce serait un gaspacho, très rouge servi avec des petites billes de melon, des billes de concombre, des billes de mozzarella. On a de l’orange, du vert, du blanc. Tout ça flotte et tourne dans ce gaspacho. Je crois que ce serait ça. C’est l’un de mes plats préférés, c’est fait en deux temps trois mouvements.

 

En plat, j’irais sur quelque chose de régressif, peut-être tout simplement un bon poulet de Bresse rôti, quelque chose de très simple. C’est vraiment ce que j’aime manger, le produit de qualité mais juste mis en avant, pas pollué par mille sauces, mille épices ou quoi que ce soit, vraiment quelque chose de simple. Un produit d’excellence juste doré avec peut-être des petites pommes de terre confites dans le jus et des petits morceaux de pain. Vous mettez un petit peu de pain dans le poulet et aussi à l’extérieur du plat et le pain va s’imbiber avec le jus du poulet. Un pain un peu citronné, c’est délicieux. Un poulet qu’on commence par faire cuire sur les flancs, vous ne me mettez pas le poulet droit dans le four. Vous le mettez dans un four froid, d’abord l’aile sur le dessus, 45 minutes, l’autre côté pareil et après les vingt dernières minutes droit. Mettre d’abord les cuisses en haut car c’est ce qui cuit le plus longtemps. Il faut manger la peau du poulet grillé.

On est sûr de passer un bon moment et de se lécher les babines. C’est magnifique !

 

Et alors le dessert, peut-être quelque chose avec des fruits tout simplement. Un petit carpaccio de fruits parce que la bienveillance c’est des couleurs, c’est la joie, des vitamines, c’est de l’énergie, du tonus. Pour être bienveillant, il faut être nourri de toutes ces énergies-là. De la mangue coupée très finement à la mandoline avec des petites fraises fines, du kiwi très fin, de belles couleurs superposées comme ça avec un petit sirop ou alors un petit coulis, quelques petits pignons de pin grillés pour la gourmandise avec peut-être des toutes petites feuilles de basilic. Quelque chose de très frais sur une assiette blanche, colorée et plein d’énergies.

 

Et si vous aviez une baguette magique, à quoi vous servirait-elle ?

À faire en sorte que mes proches soient toujours en bonne santé, qu’on soit préservé de la maladie. Parce que c’est vraiment la seule chose sur laquelle on ne peut pas influencer. C’est de l’ordre du magique que de pouvoir se dire je vais préserver ceux que j’aime de la maladie.
 
 

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Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA

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