La magie de Noël, la féerie, les contes…

 

Qu’ils aient ou non été popularisés par un géant des films d’animation, les contes ont traversé les siècles. Surtout, leur fonction première d’enseignement les rend universels.

Ces histoires nous éclairent toujours sur nos peurs, tellement humaines. La collection Il est une fois vous le prouve en transposant ces récits au XXIe siècle, démontrant leur intemporalité et leur puissance pour les adultes que nous sommes.

https://www.editions-pygmalion.fr/Catalogue/il-est-une-fois

 

Les « Rencontres féeriques » de cette semaine mettent en lumière un auteur ou une auteure qui a écrit une nouvelle version des contes que nous connaissons. Chaque jour, vous découvrirez un de ces ouvrages. Aujourd’hui, Guilhem Méric nous présente L’Art de se prendre les murs.

 

 

           Couv L'art de se prendre les murs

                                        Copyright photo : Rama

 

 

Pouvez-vous nous présenter votre livre ?

L’histoire tourne autour de Charlie, un petit gars qui s’échine depuis sa plus tendre enfance à rêver plus fort que les autres. De mondes fabuleux, de créatures magiques et de petites elfes blondes. De toutes ces choses que la vraie vie, si désespérément banale à ses yeux, refuse de lui offrir.

Mais surtout, Charlie ne veut pas grandir. Ne pas laisser l’adulte, servile et moribond, triompher en lui. Au point de s’acharner à donner vie aux mondes qui hantent son imaginaire, envers et contre tous les traquenards que le destin se fait un malin plaisir de placer sur sa route.

Des tribulations souvent cocasses, parfois déchirantes, mais qui le pousseront à se dépasser, à se remettre mille fois en question, avant de lui apprendre que le bonheur ne se trouve peut-être pas là où il croyait…

 

Pourquoi avez-vous choisi ce conte ?

Je me suis toujours identifié au personnage de Peter Pan. À sa soif de liberté, à sa volonté de vivre ses rêves éveillés, au manque ancré dans sa chair familiale. À ceci près que pour moi, cette carence affective ne venait pas de la mère mais du père. Ce Capitaine Crochet qu’on peut deviner au fil des pages, qui s’escrime à vouloir faire grandir Charlie, à le pousser vers la raison, le côté terre à terre des choses, c’est le mien. De la même façon que le récit, dans sa majeure partie. En fait, ce n’était pas tant l’histoire de Peter Pan qui m’intéressait dans l’écriture du roman, mais l’esprit qui habite le conte. Les personnages, tels le Crocodile, Wendy ou Lili le Tigresse trouvent naturellement leur place dans l’intrigue. On les reconnaît à de menus détails, des clins d’oeil pittoresques que je me suis amusé à égrener çà et là.

 

Que représentent pour vous les contes ?

Comme beaucoup de romans fantastiques, ce sont des miroirs déformants de notre réalité. Qui mettent l’accent sur des valeurs profondément humaines et universelles, sous couvert de distraire, de faire peur ou de rêver. J’avais été très surpris d’apprendre, par exemple, que mon prof d’histoire du Droit, à la fac, incitait ses étudiants à lire Alice aux Pays des Merveilles, truffé selon lui de références historiques acérées, de réflexions sur la logique, l’absurdité ou la folie.

Ces livres, destinés avant tout aux enfants, se révèlent souvent plus profonds qu’ils n’en ont l’air et même parfois carrément abominables, si tant est qu’on se penche un peu sérieusement dessus. L’histoire du Petit Poucet, du Chaperon Rouge ou de Barbe Bleue en sont de parfaits exemples.

 

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

La réponse se trouve sans aucun doute dans les pages de mon dernier roman ! Je suis arrivé sur le tard dans l’écriture de romans, même si durant mes jeunes années, j’ai écrit un gros bouquin en deux parties largement inspiré de Stephen King, mon premier maître à penser dans le domaine. J’ai passé dix-sept ans dans la musique, composé et produit une comédie musicale, Isabelle et le Roi, dont les pérégrinations parisiennes ont bien failli avoir ma peau. Raison pour laquelle je suis revenu à la racine de ce qui comptait vraiment à mes yeux : raconter des histoires. Le roman est devenu mon nouvel instrument. Il m’a fallu beaucoup de temps pour rattraper mon retard, me mettre à niveau, avant d’écrire la saga fantasy Myrihandes, financée depuis 2017 par une merveilleuse communauté sur Ulule. Ce petit succès nous incite d’ailleurs, mon équipe et moi, à tenter pour 2019 l’aventure anglo-saxonne avec la traduction des romans. C’est mon côté auteur hybride, sur le fil du rasoir. Un funambule traçant son chemin entre édition traditionnelle et édition collaborative.

 

Que représente pour vous Noël ?

La famille, la magie, l’odeur piquante des aiguilles de sapin. Le clignotement des guirlandes sur la crèche. Noël m’a toujours fait rêver. C’est un merveilleux moment de partage, de joie, d’émerveillement et de fête. Les épreuves et les coups durs de la vie ont tendance à venir peu à peu entacher ces instants de grâce, mais heureusement, il y a les enfants pour prendre la relève. Voir les grands yeux brillants et le sourire de mon fils devant l’arbre illuminé réenchante mon cœur un peu usé et c’est bien tout ce qui importe.

 

Quel est votre meilleur souvenir d’enfance ? Pourquoi ?

Mes vacances d’été avec mes grands-parents, à Argelès-Gazost. Dans une petite résidence de chalets égarés au milieu des montagnes. J’y ai passé tous mes mois d’août durant des années. J’y retrouvais mes potes, dont les parents revenaient eux aussi régulièrement et entretenaient le bon voisinage autour du vieux barbecue collectif. Je les entraînais déjà dans mes histoires de monstres et de vaisseaux spatiaux, caméra en main, un peu comme les gamins du film Super 8. Le reste du temps, avec mes grands-parents, on écumait les mini-golfs de la région, on visitait les villages, les églises… et le soir, on se retrouvait pour une énième partie de Yahtzee endiablée. C’était notre rituel et j’adorais ces moments de partage. Je ne les oublierai jamais.

 

Et si vous aviez une baguette magique, à quoi vous servirait-elle ?

Je me suis souvent posé la question. Évidemment, je pourrais choisir d’éradiquer la guerre et la faim dans le monde ; rendre notre petite planète plus habitable pour nous-mêmes et nos enfants, car à ce rythme, il est clair qu’on fonce droit dans le mur. Mais là, tout de suite et en tout égoïsme, je m’arrangerais juste pour revenir une vingtaine d’années en arrière, du temps où l’insouciance gouvernait ma vie, et ne pas lâcher la main de celle pour qui j’ai écrit ma légende des Ames-Sœurs…

 

Découvrez un nouveau conte demain…

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Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA

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