Portrait Thierry Suc

 

 

Thierry Suc est producteur de spectacles. Depuis de nombreuses années, il accompagne et produit des artistes : Mylène Farmer, Zazie, Calogero, Florence Foresti, Eric Antoine et bien d’autres. Il a aussi produit le Soldat Rose puis Résiste. Son dernier spectacle en date « Fashion Freak Show » de Jean-Paul Gaultier aux Folies Bergères à Paris. J’ai adoré ce show où l’énergie est puissante. Il y a de la folie, de l’humour, de la sensualité, des défilés de mode incroyables et beaucoup d’émotion. Le tout saupoudré de visuels drôles, de chorégraphies colorées et d’une playlist musicale qui me rappelle toute ma jeunesse.

 

Pour découvrir le travail de Thierry et les différents artistes qu’il produit :

http://www.tsprod.com

 

 

J’ai rencontré Thierry, il y a plus de vingt ans, je travaillais à NRJ. À l’époque, je m’occupais également de mon association Vivre et Grandir. C’est en sollicitant Mylène Farmer, que nos routes se sont croisées. Tous les deux m’ont accompagnée  – au rythme d’une visite par an et ce pendant plusieurs années – dans les services pédiatriques afin d’illuminer le visage des enfants malades et de leurs familles. Mylène est devenue notre marraine de cœur et Thierry un membre d’honneur fidèle. Je n’oublierai jamais leur générosité, leur simplicité et leur gentillesse. Nous avons partagé des moments intenses. Je les remercie tous les deux de nous avoir tant donné.

 

Thierry est mon invité des « Rencontres féeriques ». Chaque jour de la semaine,  découvrez une partie de son interview. Je suis très heureuse de l’avoir revu et d’avoir échangé avec lui sur des thèmes spirituels.

 

 

Vous êtes producteur de spectacles, vous produisez de très grands artistes, vous vous êtes tourné vers l’humour, la magie et les comédies musicales. Vous produisez actuellement le spectacle de Jean-Paul Gaultier. Pouvez-vous nous le présenter ?

Il y a trois ans, Jean-Paul Gaultier m’a téléphoné pour me demander si ça m’intéressait de le suivre dans un projet fou. L’idée était de faire un spectacle autour de l’univers de Jean-Paul Gaultier. J’ai tout de suite dit oui. On s’était connu grâce à Mylène Farmer qu’il a habillée pour ses deux derniers spectacles et Florence Foresti qu’il a habillée pour son spectacle à Bercy. On n’était pas ami mais on se connaissait un petit peu. Ça fait trois ans qu’on travaille sur l’élaboration de ce spectacle. Je suis fatigué parce que c’est un gros projet et c’est à la fois merveilleux. Voir les gens à la fin du spectacle avec le sourire, joyeux, qui dansent et qui chantent, c’est génial. Parmi les messages que je reçois, il y a des gens qui cherchent à comprendre ce spectacle et il y a ceux qui le reçoivent purement dans l’émotion, la joie, ces derniers ont passé une soirée formidable. C’est un spectacle qui mêle la mode, la chorégraphie, la musique, l’image. Je dirais qu’on rentre dans la tête de Jean-Paul – comme on le dit au début du spectacle – c’est un univers un peu foutraque, ça part dans tous les sens. Je suis très fier de faire ça, très heureux et on s’amuse bien avec lui. On espère que ce sera un spectacle qui voyagera dans le monde entier.

 

À Paris, le spectacle est aux Folies Bergères, une salle que j’adore.

C’est son histoire. Quand il était tout petit, il rêvait d’habiller son ours en peluche avec des plumes et de faire une revue aux Folies Bergères.

 

Pouvez-vous nous parler de votre métier de producteur ?

J’essaie toujours de définir ce métier comme étant celui qui apporte l’écrin à l’artiste. L’artiste c’est le bijou, il peut trouver un écrin rose, rouge, vert. J’essaie d’apporter cet écrin et de le mettre dans les meilleures conditions possibles pour réaliser son envie, son art et ses désirs. C’est comme cela que je le conçois et je suis là pour mettre des gens ensemble, pour présenter des gens qui font de la lumière, du son, d’autres qui font de la technique, de l’image, du marketing…. Je suis une sorte de catalyseur de rencontres et c’est ce que je fais toute la journée. Dans mon bureau symboliquement j’ai un objet que j’avais trouvé très intéressant, un caméléon en paillettes. Toute la journée, je m’adapte entre les uns et les autres et je suis un peu comme ce caméléon sur la feuille qui change de couleurs.

 

Quel est votre parcours parce qu’on n’arrive pas en tant que producteur comme ça ?

Et à la fois si… Je viens d’un milieu modeste. J’ai eu la chance de faire des études supérieures et je voulais être animateur radio. Mes parents ne voulaient pas, ils souhaitaient que je fasse un métier beaucoup plus dans les normes. J’ai fait une école de commerce où je me suis fait élire au bureau des élèves. Au sein du bureau, on a eu de l’argent. Je me suis dit qu’on allait faire un événement et mon premier spectacle a été Véronique Sanson en 1981. Ce soir-là, j’ai rencontré son producteur Claude Wild qui m’a dit que j’étais fait pour ce métier. J’avais 21 ans. Je lui ai répondu que je n’avais pas d’argent et que je ne connaissais personne. Il m’a dit que je le connaissais lui et il m’a donné ses spectacles à organiser à Lyon, la ville dont je suis originaire. À l’époque, l’organisateur local recevait 10% de la recette. Ce n’est plus comme ça aujourd’hui. En n’ayant pas un centime, ça me permettait de démarrer. Le premier concert, qu’il m’a donné à organiser en février 1982, était France Gall, sa première tournée en province. Ensuite, j’ai eu Michel Jonasz, Eddy Mitchell, Elton John, Tina Turner. Je suis arrivé à 21 ans avec des gros noms. J’ai démarré avec des salles de 6 000 personnes. Comme les américains peuvent dire : « I was made for it ». J’étais fait pour ça. J’ai été choisi pour ça. Je le vis un peu comme ça d’ailleurs, non pas en me disant que je suis génial. Je me dis juste que c’est génial, pourquoi moi ? C’est ma route, c’est ma mission de vie. Dans cette vie-là, c’est ce que je dois faire alors j’essaie de le faire le mieux possible.

 

Vous êtes artiste ? Vous jouez d’un instrument ?

Je pense que lorsque l’on fait ces métiers-là on a une part d’artiste en nous. J’ai joué d’un instrument mais je ne pratique plus. Je vis suffisamment dans un monde artistique toute la journée pour ne pas avoir besoin de pratiquer.

 

De toute façon vous êtes créatif. Pour vous, que représente la créativité ?

C’est quelque chose de fondamental et nécessaire. En fait pour revenir à votre question précédente concernant le métier de producteur, pour certains de mes confrères et de mes consœurs, la production, c’est financier. Moi la partie financière m’a toujours ennuyé, elle est là, elle est nécessaire et elle est très importante. C’est celle qui m’intéresse le moins et c’est l’une des raisons pour laquelle j’ai cédé mes entreprises à un groupe financier. Il gère la finance depuis quatre ans, bien sûr, je dois encore présenter des budgets mais ce n’est pas quelque chose qui m’anime. On peut faire ce métier en l’abordant de manière financière, ce qui n’est pas mon cas, je l’aborde de la manière artistique. J’ai choisi que la créativité soit au cœur de mes journées.

 

Découvrez la suite demain…

 

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Valérie Motté

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