Portrait Virgile Stanislas Martin

Virgile Stanislas Martin est auteur en développement personnel. Je l’ai rencontré lors d’un salon où nous étions invités à présenter nos ouvrages. Nous ne nous sommes jamais revus mais j’ai aimé notre rencontre et sa simplicité.

 

Je savais qu’il était également hypnothérapeute et j’ai de suite pensé à lui pour les « Rencontres lumineuses » de ce mois-ci. Je n’ai jamais utilisé l’hypnose mais je trouve que c’est un outil très intéressant. Chaque lundi, vous découvrirez une partie de notre entretien. Je remercie Virgile Stanislas Martin de sa confiance.

 

Voici sa page Facebook :

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Est-ce que l’hypnose peut aussi guérir ou mettre en lumière nos vies antérieures ? Je ne sais pas si tu y crois… 

Le fait que j’y crois ou pas n’a pas d’importance car je ne suis pas représentatif et ce qui est le plus important c’est ce que croit le client et non pas ce que croit le thérapeute. Parce que si les thérapeutes ont des croyances très solides, ils risquent de les imposer à leurs clients. Je ne cherche pas à dire oui ça existe ou non ça n’existe pas. Si on prend un peu de recul par rapport à la question, la notion de vie antérieure soit ça existe en tant que tel et donc on admet  – comme dans le bouddhisme – qu’il y a un processus de réincarnation, de vie en vie et qu’on pourrait accéder grâce à l’hypnose à retrouver des bribes de choses que l’on aurait vécues dans des vies antérieures pour peut-être démêler des choses qui seraient de l’ordre du karma. Il y a une autre possibilité par rapport à la notion de vie antérieure, ce n’est pas une réalité en soi, c’est plutôt une espèce de métaphore. On ne va pas retrouver des choses qui ont été dans des vies antérieures mais plutôt des représentations de situations que l’on peut avoir dans notre mémoire type inconscient collectif.

 

C’est-à-dire ? Tu as un exemple ?

Il y a beaucoup de personnes qui disent avoir été des pharaons. Ce n’est pas possible qu’il y ait 50 000 personnes qui ont été le même pharaon. À un moment donné, pour certains c’est plus de l’inconscient collectif que d’une réalité en soi, à condition bien sûr que la réincarnation existe. Il y a cette idée-là que l’on peut régresser non pas dans des vies antérieures mais plus dans l’ordre de l’inconscient collectif et retrouver des archétypes (le pharaon, l’empereur, la bergère, le marchand…) ou bien dans le transgénérationnel, c’est-à-dire rejoindre la mémoire d’un de nos ancêtres. Après il y a aussi des choses de l’ordre du culturel. On peut très bien adhérer à l’idée qu’il existe des vies antérieures ou des choses de cet ordre-là avec des mécanismes d’identification. Ce n’est pas une réponse unique par rapport à ça.

Il y a également la transcommunication hypnotique qui commence à se développer, c’est-à-dire de pouvoir communiquer avec les défunts. Le sujet va le faire lui-même en accédant à certains états de conscience amplifiée avec lesquels la barrière du temps, de l’espace, des différents mondes n’existeraient pas et où il serait possible de rentrer en contact avec des êtres décédés. Là aussi, il faut adhérer à ce type de croyance. Ce type de pratique est relativement anecdotique. Le docteur Jean-Jacques Charbonnier travaille là-dessus, il a développé la transcommunication hypnotique et pour ce qui est de l’hypnose de régression, il y a Jean-Charles Chabot. Il y a un institut au Québec qui forme à ça et il y a aussi en France des praticiens formés à ces techniques.

 

Et toi quelle est la technique que tu préfères et que tu trouves la plus efficace – même si ce n’est pas le mot juste parce qu’on est tous tellement unique et différent que ça dépend certainement de ce que tu appelles le sujet mais – de par ton expérience ?

Plusieurs possibilités nous sont offertes quand on utilise la technique de Milton Erickson. On va travailler sur les processus limitants qui empêchent le sujet d’évoluer et on va développer un petit peu. On va l’aider à se reconnecter à ses ressources pour qu’il puisse de lui-même trouver ses solutions et dépasser certaines limitations. L’autre façon de travailler consiste à aller chercher dans le passé la cause d’une problématique et parfois c’est intéressant de faire un travail sur cette cause. Par exemple, une femme qui aurait été agressée, abusée dans son adolescence, la ramener à cet endroit-là en toute sécurité pour qu’elle puisse faire un travail un peu de réparation et revenir transformée de cette expérience. Son enfant intérieur a été abîmé, c’est important d’aller le soigner. J’aime bien travailler comme ça pour tout ce qui est  lié notamment  au psychosomatique, les problèmes de poids ou sur des chocs émotionnels importants. C’est intéressant de les revisiter avec des ressources supplémentaires et en toute sécurité pour pouvoir faire un travail de résolution, de réparation.

 

Que peut guérir l’hypnose ?

Grâce à l’hypnose, on peut travailler sur les phobies, l’anxiété, les traumatismes, les problèmes d’addiction (au jeu, au sexe, alimentaire…). Pour pouvoir travailler sur ce type de problématique, il faut être formé. Attention n’importe qui n’est pas capable de travailler là-dessus parce qu’une addiction fait partie des choses les plus difficiles à appréhender. On peut travailler sur des problèmes émotionnels, relationnels. On peut également travailler sur tout ce qui est lié à la douleur, c’est presqu’une indication première de l’hypnose. Depuis très longtemps, elle a été utilisée sur la gestion de la douleur physique. Aujourd’hui, il y a des médecins anesthésistes ou des dentistes qui utilisent l’hypnose pour faire des interventions chirurgicales ou des soins en suggérant une forme d’analgésie ou d’anesthésie, la plupart du temps en complément d’une petite sédation.

Il y a également la gestion du stress, la préparation mentale des sportifs… On peut travailler sur quasiment tout ce qui peut se traiter en psychothérapie. En revanche, on ne va pas travailler avec des sujets psychotiques et qui sont notamment en état de crise. Sinon on peut travailler avec tout le monde. On va communiquer et travailler de manière différente avec les enfants. On va utiliser l’imaginaire, le jeu et avec des personnes plus âgées, le travail sera plus sous forme de visualisation ou de suggestion.

 

Et l’auto-hypnose, comment ça fonctionne ?

Le but de l’auto-hypnose est de rendre le client autonome et qu’il puisse bénéficier de l’accompagnement, en toute autonomie, chez lui. Par exemple, une personne qui a des douleurs, va pouvoir s’installer confortablement et refaire l’exercice que le thérapeute lui a expliqué pour lui permettre de retrouver du calme, de la sérénité et voir son niveau de douleur diminuer.

 

Comment se déroule une séance en cabinet ?

Il n’y a pas de séance type. Une séance dure entre une heure et une heure trente. Il y a un temps d’accueil où le sujet va pouvoir déposer un peu sa souffrance et sa problématique, ça va être un temps vraiment d’écoute et non pas de questionnement. À la différence de nombreux collègues, je ne pratique pas le questionnement pour savoir quel est le problème, d’où il vient et pourquoi. J’accueille, j’écoute cette personne et je la laisse se raconter jusqu’à un moment donné où une alliance très forte s’établit entre elle et moi et où on arrive au cœur du sujet. À partir de là, je pars dans un travail d’hypnose. Le sujet est assis sur une chaise ou il peut même être debout. On peut faire de l’hypnose tout terrain. À partir du moment où l’on peut mettre une personne en état d’hypnose rapidement, il existe pour ça des inductions rapides et des techniques de travail rapides. On peut travailler très bien par exemple dans le train ou dans un avion. Si son voisin commence à paniquer, admettons qu’il ait la phobie de l’avion, on peut lui proposer quelque chose qui va lui permettre de se détendre et puis on intervient, très rapidement on obtient un résultat. Avec des adolescents, ça peut être intéressant de travailler debout comme il peut y avoir un peu de résistance, c’est un âge où il y a beaucoup de questionnements, travailler debout c’est beaucoup plus sécurisant pour eux. Il n’y a pas de règles, j’encourage à ce qu’il n’y en ait pas. À partir du moment où l’on met trop de règles, ça devient dogmatique et on s’éloigne de plus en plus de l’hypnose qui est avant tout un processus de créativité autour de la relation entre le thérapeute et son client et la relation entre le client et son inconscient.

 

En général, il faut combien de séances même si je suppose que ça varie en fonction du pourquoi de la consultation ? Une séance c’est peut-être peu ?

Une séance peut-être suffisante, tout dépend de la problématique. Une personne qui vient me voir pour préparer un oral, un entretien d’embauche, je l’accompagne en une séance. Si on travaille sur quelque chose qui est un peu plus vaste comme  la gestion du poids où il peut y avoir des blessures anciennes, des mécanismes addictifs. On est dans quelque chose de plus complexe (ce qui ne veut pas dire compliqué), ce qui veut dire avec plus d’éléments à prendre en compte, on va intervenir en plusieurs séances d’autant plus que pour pouvoir voir l’efficacité, il va falloir accompagner le sujet dans le temps. Quelqu’un qui veut perdre 20 kilos, il ne va pas les perdre d’une semaine à l’autre. On va se voir plusieurs fois. Quand on est dans la thérapie, je pense qu’il faut minimum trois séances. Une séance pour déjà faire connaissance et commencer à amorcer quelque chose, une deuxième séance qui sera vraiment plus en thérapeutique et la troisième séance pour consolider le changement. Après, ça peut aller jusqu’à une dizaine de séances sur des choses un peu plus complexe où on va accompagner la personne dans différentes parties de sa vie, on va mettre un peu d’ordre, panser des blessures, modifier des habitudes, regagner confiance en soi, développer de l’estime de soi…

 

Quelle est la fréquence des séances ?

J’aime laisser les clients choisir leur rythme. Tout le monde n’avance pas à la même vitesse, tout le monde n’est pas aussi pressé. Il y a aussi les contraintes budgétaires. Pour certaines personnes, une fois par semaine, ce n’est pas possible financièrement. C’est bien lorsqu’on est sur des choses importantes que les deux, trois premières séances soient assez rapprochées, une semaine ou quinze jours et après on peut espacer à quinze jours jusqu’à un mois, une fois que le changement est en marche.

 

Découvrez la suite lundi prochain…

 

                

 

 

 

Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA