Portrait Valérie Capelle   Couv Sept jours pour vivre - éditions Jouvence

 

Valérie Capelle vient de sortir son premier roman « Sept jours pour vivre » aux éditions Jouvence. Riche de son expérience en soins palliatifs, elle a appris à revenir à l’essentiel et à se poser dans l’instant présent. Son âme d’enfant lui permet de s’émerveiller de tout ce qui l’entoure. C’est l’un des messages qu’elle a voulu faire passer à travers ce livre empreint de tendresse et d’émotion.

 

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Elle est mon invitée des « Rencontres féeriques ». Chaque jour de la semaine, vous découvrirez une partie de son entretien. Je la remercie de sa simplicité et de sa disponibilité. Au téléphone, nous parlions le même langage et c’était fort agréable.

 

Pouvez-vous nous présenter l’histoire de votre roman ?

Antoine, âgé d’une trentaine d’années, est atteint d’une maladie que les médecins ne peuvent guérir. Ils ne peuvent plus lui proposer un traitement efficace. Le livre démarre très vite sur Antoine qui sort de l’hôpital, il est dans ses pensées, il bouscule Paulette, une dame d’une soixantaine d’années, qui très vite dans l’échange de regard avec Antoine, va se rendre compte qu’il ne va pas bien du tout, qu’il est sous le choc et d’entrée de jeu, elle va lui proposer, de manière impromptue, d’aller déjeuner chez elle, de manger des cèpes que son fils vient de lui ramener. L’histoire démarre comme ça. Antoine est sidéré par ce genre de proposition car il ne la connaît pas mais il accepte de la suivre. Tout part de là. Paulette lui propose de l’emmener à Andernos, sur le bassin d’Arcachon, dans sa maison de campagne pour lui montrer le chemin pour vivre l’instant présent. C’est la thématique principale du livre. Autour d’Antoine, il y a d’autres personnages qui gravitent.

 

Comment vous est venue l’idée de parler de la fin de vie ? Est-ce par rapport à votre expérience personnelle car vous avez travaillé dans des services de soins palliatifs ?

Je connais bien le thème du soin palliatif par mon travail mais je suis surtout orthophoniste en libéral. J’ai travaillé très peu en institution. En étant en libéral depuis 30 ans, la vie m’a amenée, de plus en plus, des gens qui étaient sur des maladies compliquées ou parfois même en fin de vie, que j’ai accompagnés pendant un ou deux ans jusqu’à la fin avec des maladies neurologiques importantes. Ce qui m’a décidée en 2013 à faire un DU de soins palliatifs, à retourner à la fac parce que j’avais besoin d’en savoir un peu plus sur le milieu médical et les soins palliatifs car je n’avais pas cette connaissance-là. J’avais la connaissance par rapport à mon travail mais pas par rapport au monde médical. J’ai fait un stage d’une semaine en soins palliatifs dans le cadre de ce DU, ça m’a confortée dans le fait que les soins palliatifs, c’est un lieu initiatique énorme dont on ne prend pas forcément la mesure quand on ne connaît pas du tout ce milieu-là ou quand on n’a pas encore été confronté à l’accompagnement d’un proche par exemple. Ça me touche tant au niveau professionnel qu’au niveau personnel. J’ai perdu ma maman, j’avais 30 ans et j’ai perdu aussi des amis que j’ai accompagnés jusqu’au bout.

Le scénario du livre m’a été donné en rêve. À la sortie du rêve, j’avais le titre, le prénom d’Antoine. Le seul souci était que je n’avais plus que des bribes de souvenirs du rêve, j’avais des flashs de scènes mais très flous, je n’avais pas vraiment le contenu du livre et j’ai mis un an avant d’oser écrire la première ligne. J’avais peur de m’atteler à un chantier dont je ne mesurais pas l’ampleur et puis je sentais bien que c’était un roman mais je n’avais qu’écrit des petits textes, des petites nouvelles, des poèmes.

Pendant un an j’ai tourné autour du pot sauf que ça revenait régulièrement frapper à la porte. Du coup je me suis mise devant l’ordinateur sur les conseils instants d’un ami médecin qui m’y encourageait et à qui je dois le fait d’avoir osé me lancer.

Les deux premiers chapitres sont sortis en un seul jet dans un week-end. C’est là que je me suis rendu compte que c’était une forme d’écriture intuitive. Je dirais que c’est une écriture à quatre mains. Il y avait des parties où j’avais la main et des parties où il fallait que je laisse faire.

 

Vous avez une idée de qui vous guide dans le monde invisible ?

Je n’ai pas de nom précis. L’univers de l’inspiration est très particulier et quand on écrit on ne maîtrise pas tout. Si j’étais trop dans le mental, rattrapée par des doutes, ça ne fonctionnait pas. Tous les rêves d’Antoine ont été inspirés via mon intuition. Le processus de l’écriture a mis beaucoup de temps. Je suis partie chez des amis pour écrire. Les deux derniers chapitres ont été écrits en temps réel. Ça veut dire que s’il y avait une heure dans le livre, je mettais une heure à l’écrire. Le processus s’est donc ralenti. J’ai été plongée pleinement dans l’intérieur de chaque personnage.

 

Vous êtes orthophoniste, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre profession ?

Avec l’orthophonie, on travaille sur de nombreux domaines différents. Il y a les enfants qui ont des problèmes de parole et de langage tant au niveau de l’articulation que de la formulation des phrases, ça concerne les petits qui ont entre 3 et 6 ans. Il y a ensuite tout le domaine du langage écrit notamment avec les enfants) qui ont de gros problèmes d’apprentissage de lecture et d’orthographe et puis il y a les pathologies comme l’autisme, la trisomie 21…

Concernant les adultes, on travaille sur la neurologie comme les accidents vasculaires cérébraux, les traumas crâniens après un accident de voiture. Il y a ensuite toutes les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. On s’occupe donc de la mémoire, du langage, des fonctions de respiration et de déglutition. C’est très large et riche. Il y a également les fonctions de la concentration, de l’attention, savoir élaborer une idée, le raisonnement. En libéral, j’ai tout embrassé, j’ai pris en charge tout ce que je viens de vous dire soit à mon cabinet soit au domicile des patients en fonction des pathologies. Je ne peux pas prendre un patient juste avec son symptôme je le prends avec sa globalité.

 

Découvrez la suite demain…

 

Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA