Chaby Langlois, psychothérapeute formé à la psychologie positive, est consultant et coach depuis 30 ans. Il est aussi le fondateur de l’agence No Smoking No Stress. Son livre « Psycatrices Bien vivre avec nos blessures d’enfance » vient de paraître aux éditions Guy Trédaniel.

http://www.editions-tredaniel.com/psycatrices-p-7823.html

 

 

Pour découvrir l’univers de Chaby Langlois :

http://www.nosmoking-nostress.fr

 

 

Ce mois-ci les « Rencontres lumineuses » sont consacrées aux blessures d’enfance. Chaby Langlois est mon invité. Je l’ai rencontré au bar de l’hôtel Renaissance Paris Arc de Triomphe. Un moment magique ! Je le remercie de sa bienveillance et de son franc-parler. Chaque lundi, vous découvrirez une partie de son interview.

 

 

 

Quels conseils pourriez-vous donnez aux jeunes parents afin de limiter les blessures ?

Ce petit enfant jusqu’à six ans ne communiquera pas avec vous comme vous communiquerez avec lui c’est-à-dire par le raisonnement. L’enfant ressent et il se construit par mimétisme en vous copiant. Ce n’est pas la peine de lui faire de grandes leçons mais lui montrer par tous les moyens qu’il est en sécurité et que vous l’aimez. L’amour d’une mère  et d’un père c’est essentiellement pour lui, des câlins, retrouver son odeur, sa voix.

 

Et par rapport au papa ?

Il n’y a pas de différence entre l’amour inconditionnel de papa ou de maman. C’est souvent les psycatrices des parents qui vont créer une différence dans la relation d’amour.

 

Vous parlez également des injonctions qu’il serait bon d’éviter tel que « il faut »…  Du coup, on les remplace par quoi ?

On ne se rend pas compte de la « pollution » négative qu’engendre notre façon de communiquer avec nos enfants. Les injonctions en sont un exemple : «Il faut que tu penses à tes affaires de sport! » est souvent ressenti comme une critique et/ou un manque de confiance. Surtout quand c’est répétitif. Pourquoi ne pas lui poser simplement une question : « As-tu tes affaires de sport? » Un peu comme une check-list ! Avec un ton neutre ou positif. Lorsqu’une demande commence par « il faut… » ou « tu dois… », on peut être vigilant et commencer à les remplacer par des questions. Ainsi vous l’entrainez à l’autonomie, à la conscience de ses besoins et vous lui montrez dans un même temps que vous avez confiance en lui. Et ceci dès le plus jeune âge.

 

Vous faites un moment allusion au livre de Lise Bourbeau, les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même. Et comme elle, vous dites qu’on peut voir à travers le physique d’une personne les blessures qu’elle pourrait avoir eues.

En tout cas les blessures qui restent. Je ne m’étends pas trop là-dessus parce que Lise Bourbeau l’a fait de façon très claire. C’est une indication importante pour un thérapeute mais pas toujours facile à identifier car une personne porteuse de la psycatrice du rejet ou de l’abandon, au corps fluet pourra se construire un corps athlétique qui camouflera ces caractéristiques.

 

Si on a guéri une blessure, notre physique va changer alors ?

Oui, par exemple, pour la psycatrice de l’humiliation qui entraine un corps avec des rondeurs, la résilience peut contribuer à une meilleur relation corps/esprit et ainsi modifier son apparence.

 

Ça se vérifie vraiment ? Je m’interrogeais sur cette réalité.

Ne séparons pas le corps et l’esprit. Si je me sens rejeté, si je ne trouve pas ma place, je vais avoir des difficultés à m’incarner. Mon corps va répondre à ce sentiment, il va être le plus fin possible pour ne pas prendre trop de place.

A l’opposé si je souffre de trahison pour établir mon contrôle je vais donner une impression de force. Mon corps sera massif, mes épaules carrées..

 

C’est incroyable ! 

 Oui. Notre esprit est puissant ! 

 

Vous abordez la peur comme l’instinct de survie qui s’exprime.

Oui, la peur est une superbe émotion. Il y a deux grandes catégories de peurs. Celle liée aux événements physiques. Le bus me fonce dessus, la peur m’avertit, je l’évite. Elle est là pour ça. Elle met en place un réflexe automatique de survie qui peut se comprendre par fuite ou combat. J’ai deux options dont je n’ai même pas conscience d’avoir. Si c’est un bus, je cours, je fuis, il est trop gros et si c’est un petit chien éventuellement je vais lui résister.

Et puis la deuxième catégorie qui représente aujourd’hui 80% des peurs: des alarmes psychologiques. Par exemple, peur d’être rejeté, etc.. Curieusement j’ai le même réflexe « fuite ou combat » alors que je suis assis tranquillement en face de vous et que cette peur n’est pas liée à un risque physique. Or, la réponse « fuite ou combat » n’est plus adaptée. Comment vais-je la traduire car elle bouscule toute ma chimie corporelle pour permettre une réponse par l’action? Comment est-ce que je peux réagir alors ? Si j’ai des psycatrices, c’est avec mon ego protecteur que je vais me protéger. La colère me sert de carburant,  j’accuse. La réponse sera erronée.

 

On parle aussi beaucoup de la colère qui fait suite à ces peurs.

Elle est automatique. Lorsque je me sens attaqué, lorsque je reçois un feed-back  négatif, qui est l’une des armes assez connues de notre société pour attaquer, je vais commencer par me culpabiliser. Le premier réflexe dont on ne tient pas compte est de donner raison à l’agresseur. Ça va durer un quart de seconde dans votre esprit, vous n’allez peut-être même pas le noter. Cette « faiblesse » entraine le réflexe de protection de l’ego. Je passe de la culpabilité qui entraine la honte au ressentiment,  je juge,  j’attaque l’autre avec de la colère.

Aujourd’hui c’est important de retrouver ce calme, ce bien-être pour comprendre que je ne suis pas dans l’erreur, je ne suis pas coupable de mes blessures ! C’est le début de la thérapie.

 

Pourquoi se pardonner soi ?

Oui en premier lieu. Parce que si l’on s’accuse de ses psycatrices et des « faiblesses » conséquentes, on se rejette. Par exemple dans la relation amoureuse, on peut s’accuser de tout ce qui ne marche pas, sans faire la part des choses. Ça brouille les cartes en quelque sorte. Comprendre que je ne suis pas coupable de mes psycatrices peut m’autoriser à sortir de ce cercle négatif culpabilité/ressentiment. Car les deux sont liés. A trop m’en vouloir, je vais ensuite en vouloir à l’autre. Cercle vicieux et douloureux.

 

Comment transformer et guérir ces blessures ? Par la thérapie ?

C’est un chemin thérapeutique qui intègre différentes expériences et techniques que je montre dans mon livre.  Ce qui a le mieux fonctionné pour moi ce sont les outils de Katie Byron. Elle utilise le renversement « Est-ce que c’est vrai ? » qui vient de la PNL. Elle met le point sur une pensée bloquée qui sont des croyances négatives qui me maintiennent dans la peur. Je vais regarder cette croyance et la remettre en cause : est-ce que c’est vrai ? Ensuite je vais renverser la croyance vers moi. C’est une technique géniale pour sortir de l’ego. Sortir de la colère, et être dans l’empathie.

J’espère que mon livre apportera un premier éclairage aux lecteurs.

Effectivement quand les psycatrices nous font souffrir, consulter un thérapeute est nécessaire, avec une psychologie intégrative et positive de préférence !

 

 

Découvrez la dernière partie lundi prochain…

 

Retrouvez les articles précédents :

http://valeriemotte.com/chaby-langlois-1-4/

http://valeriemotte.com/chaby-langlois-2-4/

 

 

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Valérie Motté

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