Portrait Frédéric Mars                         Couv Tout le bonheur du monde tient dans ta poche

                                  Crédit Photo : Stéphane de Bourgies

 

Frédéric Mars est auteur. Son dernier roman « Tout le bonheur du monde tient dans ta poche » vient de paraître aux éditions French Pulp.

Une jolie histoire empreinte d’espoir, d’amour et de bienveillance, un retour à la vie.

 

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J’ai rencontré Frédéric il y a une dizaine d’années lors d’une soirée littéraire. Une connaissance commune nous a présentés et depuis notre amitié n’a fait que se renforcer. Il est précieux à mon cœur. Je lui suis reconnaissante car il a m’a ouvert les portes de l’édition et m’a confié les clés. Grâce à lui, j’ai pu être publiée et depuis je suis mon chemin.

Il est mon invité des « Rencontres féeriques ». Chaque jour de cette semaine, vous découvrirez une partie de son interview réalisée par téléphone. Je le remercie de sa confiance, de sa simplicité et de son authenticité.

 

Tu es auteur à temps plein. Ton dernier roman « Tout le bonheur du monde tient dans ta poche » vient de paraître aux éditions French Pulp. Peux-tu nous raconter en quelques mots l’histoire ?

Dans le nord de la France, près d’une petite ville qui s’appelle le Tréport, il y a de grandes falaises calcaires qui sont malheureusement connues comme un spot à suicide très réputé où pas mal de gens viennent mettre fin à leur jour. Ce n’est pas très gai, mais il y en a quelques-uns dans le monde comme ça. Il y a la même chose de l’autre côté de la Manche, en Angleterre, les mêmes falaises de craie. Et ce qui m’a inspiré mon histoire, c’est que du côté anglais il y a des comités de vigilance citoyens. Il y a des gens qui se baladent pour essayer de retenir les candidats au suicide. J’imaginais que mon personnage principal, qui s’appelle Fred lui aussi, veut mettre fin à ses jours. Il est retenu au dernier moment par deux petites mamies assez singulières, d’autant qu’elles ne disent pas un mot. Elles ne parlent pas. Elles ont fait une sorte de vœu de silence. Juste après l’avoir retenu, elles l’entraînent  dans leur petite maison qui est à quelques centaines de mètres de la falaise où il découvre qu’il y a d’autres personnes comparables à lui. Il n’est pas seul à avoir été sauvé par elles, il y a quatre, cinq autres personnes qui sont là depuis quelques jours ou quelques semaines. Elles ont elles aussi été sauvées du suicide par les deux vieilles dames. Toute l’histoire raconte comment en frottant son propre malheur à celui des autres, Fred va peu à peu se reconstruire, en enquêtant sur le mobile qu’ont ses deux petites mamies à sauver les gens. Cette enquête va aussi lui redonner goût à la vie. Enquêter c’est faire preuve de curiosité et la curiosité c’est sans doute ce qui nous maintient vivant.

 

Cette histoire est donc inspirée d’un fait divers ?

Oui tout à fait.

 

Ton personnage est né de ton intuition, tu te laisses guider ? Est-ce que parfois tes personnages et notamment celui-ci prennent la main sur toi ?

Oui, il y a une part qui nous échappe. Ma manière de travailler consiste à établir des synopsis très détaillés. Je sais généralement où je mène mon intrigue mais à l’intérieur de ce canevas, il y a toujours une part de surprise. Et cette surprise elle vient bien souvent de la manière dont les personnages vivent, évoluent à l’intérieur du script que j’ai défini. Oui, ils nous surprennent ne serait-ce par ce qu’on les nourrit de beaucoup de choses qui nous entourent en cours d’écriture. Il arrive bien souvent qu’il y ait des choses qu’on a accumulées, de petits détails pour nourrir le personnage et l’étoffer. Pendant ces quelques mois, c’est un temps de vie où nous aussi en tant qu’auteur on continue à vivre et comme on est très affuté pendant cette période-là – comme on vit avec nos personnages – on les a bien en tête et tout ce qui peut venir les alimenter vient s’aimanter, vient s’ajouter de manière encore plus naturelle qu’avant l’écriture. Pendant ce temps d’écriture effective, il arrive qu’il y ait plein de petites choses comme ça qui viennent s’ajouter et que ces petites choses justement réorientent ou fassent grandir les personnages vers autre chose.

 

Tu disais que tu faisais d’abord un canevas, tu définissais ton intrigue mais est-ce que tu fais d’abord plusieurs moutures ou tu écris directement ton histoire ?

Quand je disais que je définissais un script, ce n’est pas juste une ligne par chapitre. Je fais vraiment un synopsis très détaillé qui fait entre trente et cinquante pages au total. Et pour chaque chapitre, je définis vraiment la manière dont il se déroule dans le détail. Quels sont les moments d’action ? Les moments de dialogues ? Au moment où j’écris le chapitre en question, ça peut bouger mais globalement je sais par avance chaque soir comment le chapitre que je dois écrire lendemain va s’organiser.

 

Et pour écrire un livre comme celui-ci, il t’a fallu combien de temps ?

Tout dépend si on entend le temps d’écriture ou pas. J’ai tendance à écrire assez vite.

 

Tu as aussi ton temps de recherches…

C’est ça, si on cumule le temps de recherches, le temps de documentation, le temps de préparation, de construction de l’histoire (une phase qui est presque plus importante que l’écriture elle-même), ça représente des mois. Sur ce livre, l’écriture pure a été de quelque chose comme trois mois. Si on cumule la construction, on peu ajouter un bon mois. Mais sur des sujets plus complexes, avec plus de détails, ça m’a pris plus de temps. Ajoute la doc et tout, on va dire quatre ou cinq mois. Mais ce ne sont pas forcément quatre cinq mois linéaires. C’est par tranche, je ne fais pas que ça pendant ces mois.

 

Quand tu es en phase écriture pure, est-ce qu’il y a de l’écriture intuitive ?

J’ai l’impression qu’à chaque fois – je ne crois pas à la notion d’inspiration – je pense que ça n’est que de la maturation et du travail. Maturation parce qu’on est des éponges et qu’à force d’accumuler des infos, des choses qui nous entourent, ça macère, ce qu’on pourrait appeler l’inspiration. Et puis après c’est du boulot. Ce en quoi je crois, ce qui est la part la plus magique de ce que l’on fait, c’est moins tant les idées mais c’est parfois des formules. Quand j’ai l’impression d’avoir trouvé une bonne formule, souvent je ne sais pas d’où elle vient. Ca me tombe dessus vraiment. Ce n’est pas calculé. C’est de l’ordre de l’intuitif. C’est un truc que j’ai perçu très tôt dans ma vie et ça a même été une de mes motivations premières pour faire ce métier là à terme. Quand j’avais onze ans, je rentrais tout juste en sixième. Notre prof de français nous avait fait faire une rédaction et j’avais eu une formule, que moi je trouvais pas mal mais je me souviens – ce n’est ni pour me vanter ni par vanité – que le prof avait publiquement dit que cette formule était bien et qu’il fallait qu’on cherche tous à aller vers ça. Ca m’avait valorisé donc forcément ça m’avait donné de l’envie mais surtout je m’étais dit waouh si c’est ça écrire c’est-à-dire être un peu foudroyé par ces petits flashs-là, de mots qui vont bien ensemble et qui d’un coup expriment un sentiment, je me suis dit que c’était magique. C’est magique parce que la réaction du prof m’avait prouvé que ça portait ses fruits, que ça réagissait en face, côté lecteur. Et puis c’était magique aussi parce que ça me tombait dessus sans que j’en sois même l’acteur ou l’initiateur.

 

Donc c’est à ce moment-là que tu as eu cette envie d’écrire ? Tu as toujours écrit en fait ?

Honnêtement c’est vraiment à cette période-là que j’ai compris que j’avais peut-être ma place dans cette activité et c’est à ce moment-là que je me suis senti à ma place moi-même, même si ce n’était pas forcément validé par les autres.

 

Découvrez la suite demain…

 

 

Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA