Marianne Grasselli Meier est auteure, musicothérapeute, écothérapeute suisse et animatrice de stages pour les femmes. Son livre « Devenir chaman, même pas peur !» va paraître – courant avril – aux éditions Exergue. Ce livre pratique vous propose de nombreux exercices ludiques et vous éclaire sur le chamanisme que tout un chacun peut expérimenter simplement.

http://www.editions-tredaniel.com/devenir-chaman-meme-pas-peur-p-8061.html

 

 

Pour visiter son univers :

https://espritdefemme.ch

 

 

Les « Rencontres lumineuses » d’avril seront consacrées au chamanisme. Chaque lundi, vous découvrirez une partie de l’entretien de Marianne Grasselli Meier. Je la remercie de partager avec nous son amour de la nature et son expérience.

 

 

Le tambour comme le hochet sont importants dans la pratique chamanique, pourquoi ?

Les fréquences basses dénouent les tensions physiques, les hautes fréquences stimulent l’activité cérébrale. Le tambour et le hochet ensemble créent une saturation sonore dont nous sommes obligés de nous abstraire. Nous entrons en nous ; c’est l’état de transe. Non aller hors de nous, mais bien plus en profondeur en nous. Dans d’autres traditions spirituelles, comme dans le bouddhisme, les instruments métalliques sont joués avec force, c’est un chaos quasi insupportable qui nettoie l’espace et nos oreilles, pour que le silence qui suit nous soit délicieux à vivre ! Alors l’harmonie du monde nous touche.

 

Qu’est-ce la roue de médecine ?

C’est un modèle pédagogique d’apprentissage du monde  qui tire ses références non pas de représentations mentales, mais d’observations. Quand je parle de pédagogie, je parle ici d’expliquer le monde, d’apprendre à vivre dans le monde et en particulier en harmonie et en respect avec la nature dont nous dépendons. Le tout s’y trouve expliqué en quatre énergies distinctes, donc plus facilement appréhendables. Jung a repris ces quatre grandes énergies qui nous traversent et fondent toute vie, en nous et hors de nous : une approche spirituelle du monde, une approche émotionnelle du monde, une autre est purement sensitive, une autre encore est intellectuelle. Outre ce rapport au monde, en observant la nature,  nous observons une cyclicité comme les quatre saisons, quatre temps dans nos journées, mais aussi que tout existe par la mixité des quatre éléments la terre, l’eau le feu et l’air. La connaissance de ces quatre énergies et de leurs attributs nous rend à notre complétude : nous portons tout en nous, le tout en nous. Nous ressentons notre appartenance à notre règne, notre fraternité avec les autres règnes, car le grand enseignement de cette roue, toujours en mouvement, c’est la diversité, la complémentarité, l’amour qui nous relie. Cette roue de la vie est dite de médecine car elle nous replace dans l’harmonie du monde. Je connais et utilise une de celle des natives d’Amérique du nord.

 

Vous abordez les trois mondes en utilisant l’image de l’arbre. Pouvez-vous nous les présenter ?

L’arbre est à la fois visible et invisible. Vertical, posé sur la terre, ces cimes touchant le ciel hors de notre vue, il nous ressemble, nous les êtres « sur deux jambes » comme disent certaines traditions.  Il est profondément relié par ses racines aux profondeurs invisibles et fertiles de la terre. Par ses feuilles, sa grandeur, son lien au vent, il nous dépasse et atteint une grandeur elle aussi invisible que nous pouvons avoir envie d’atteindre, nous qui sommes attachés à la terre.  Enfin, une vie intense l’anime, sa sève, ses branches accueillantes, ses feuilles ondulantes. Et nous venons d’apprendre scientifiquement combien l’arbre est relationnel ! Entre verticalité et horizontalité, l’arbre nous ressemble tant. Elégant, tordu, cassé ou gracieux, toujours porteur de vie, se faufilant pour accéder à la lumière, son caractère est unique, particulier. Les traditions dites chamaniques relient le visible et l’invisible, comme l’arbre le fait par nature. Selon celles-ci nous participons à trois mondes, celui qui nous relie à nos profondeurs, celui qui nous relie aux autres, à notre réalité visible, celui qui nous relie à l’au-delà de nous-mêmes. Cela se traduit aussi par des énergies allant des plus grossières aux plus subtiles. Un arbre ne déploierait pas ses hautes branches sans un réseau souterrain étendu. Nous cherchons souvent hors de nous, dans un au-delà spatial-temporel, la réalisation de nous-mêmes ; ce n’est qu’une partie de notre mission d’être incarné. Veiller à ne pas nous fuir, mais bien à mieux vivre. L’arbre contient donc la totalité de nos recherches de sens. Dans le monde souterrain, sombre et instinctif, nous trouverons notre puissance, nos germes de réalisation, l’aide d’animaux totémiques. Dans le monde du milieu, nous affinons nos relations aux autres et à la nature, en particulier en lâchant nos représentations pour nous ouvrir à la réalité sensible. Enfin, pour accéder au monde d’en haut, nous subtilisons nos énergies, nous nous dépouillons de l’ego qui enferme, dicte et veut pour nous ouvrir à un destin bien plus large : « que ta volonté soit faite ! ». Dans cet espace vivent les êtres désincarnés, anges et guides tutélaires. Nos prières les atteignent. Aucun de ces « royaumes » n’est complet en soi ; nous circulons le long du tronc au cours de notre vie et lors des passages initiés par celle-ci.

 

L’animal totem est très présent. Comment parvient-on à reconnaître celui qui nous guide ?

Comme pour toute relation, il faut initier la rencontre, puis apprendre à se connaitre ! Nous pouvons nous rendre dans le monde d’en bas pour le rencontrer ; il existe des enregistrements de tambour, des enregistrements pour de telles pratiques, ou en se faisant accompagné par une personne qui pratique ce type de voyage chamanique.  Nous descendons par la visualisation dans un espace de tout possible où les forces psychiques sont à l’œuvre, hors de notre rationalité. Ces énergies instinctives sont masquées par la réalité dite ordinaire qui sépare, conditionne, offre filtres et obstacles. L’animal qui se manifeste peut nous accompagner durant un passage de vie, en nous offrant son savoir. Il peut ensuite laisser la place à d’autres. Il devient aussi un guide ; nous pouvons le questionner, le chevaucher, nager avec lui… Il nous transporte là ou nous ne savons pas aller seul. Il nous apprend un langage, une manière d’être qui est évidente : un cheval galope, hennit, frémit… il ne rampe pas ! d’autres connaissent les sous-sols, les voies aériennes…

 

 

Découvrez la suite lundi prochain…

 

Retrouvez l’article précédent :

http://valeriemotte.com/marianne-grasselli-meier-1-4/

 

 

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Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA

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