Marie-Françoise Neveu est psychologue clinicienne, psychothérapeute et auteure. Depuis de nombreuses années, elle accompagne des enfants aux aptitudes nouvelles. Son livre : Les enfants « actuels » est paru aux éditions Exergue.

 

http://www.editions-tredaniel.com/les-enfants-actuels-p-1012.html

 

Pour découvrir son univers :

http://mariefrancoiseneveu.fr

 

Les « Rencontres lumineuses » d’octobre sont consacrées aux enfants « actuels », Indigos. Marie-Françoise Neveu est mon invitée. Chaque lundi, vous découvrirez une partie de son interview.

 

 

Vous  êtes psychologue clinicienne, psychothérapeute et auteure. Quel a été le déclic pour écrire le livre « Les enfants « actuels » » paru aux éditions Exergue ?

Il n’y a pas eu de déclic, ce fut une évidence. Depuis petite, je m’occupe d’enfants. C’est comme si je déroulais un fil, les choses se font, elles se placent.

 

Quel est votre parcours ?

Je me suis toujours occupée d’enfants. Après le Bac, j’ai fait une formation qui, à l’époque, s’appelait jardinière d’enfants, aujourd’hui c’est éducateur de jeunes enfants. Je n’ai jamais exercé en tant que jardinière d’enfants parce que dans l’école où j’ai fait ma formation, ils m’ont proposé de faire une troisième année de spécialisation pour les enfants en situation d’échec scolaire tout en étant dans les limites de l’intelligence dite normale. À l’issue de cette formation, j’ai intégré l’école d’application, la seule qui existait à l’époque en France, où nous n’avions que des enfants en situation d’échec. Je me suis retrouvée, pendant plusieurs années, dans une classe CP-CE1. Bien que j’aie eu une formation pédagogique solide, je n’avais pas tous les outils pour répondre aux difficultés de certains enfants qui se retrouvaient en échec. Du coup, j’ai pris mon bâton de pèlerin, j’ai fait différentes formations dont une en psychomotricité puis suivi un long cursus de formation de psychothérapeute pour finalement faire un DESS de psychologue clinicienne. J’ai toujours mené de front une activité professionnelle et une activité de formation avec double visée.

 

Qui sont ces enfants que vous appelez les enfants « actuels » ?

J’ai compris au fil du temps que l’humanité évolue en permanence. On ne ressemble ni à l’homme de Cro-Magnon ni aux hommes préhistoriques. On a découvert, que il y a des milliers d’années tous les humains étaient du groupe sanguin O et que petit à petit avec la diversification de l’alimentation… d’autres groupes sanguins sont apparus. L’humanité a ainsi évolué au fil des millénaires toujours sur des temps longs. Depuis une soixantaine d’années, l’humanité évolue sur des temps très courts. C’est une première chose. La spécificité de ces enfants est que sur le plan cognitif ils n’utilisent pas préférentiellement la même partie du cerveau que celle qu’on utilisait avant.

 

C’est-à-dire ?

Pour ça je vais vous prendre une image. Imaginons que nous transformons la Tour Eiffel en tour d’habitation. Des personnes habitent au rez-de-chaussée et d’autres au 3èmeétage. Tout le monde habite à Paris, tout le monde regarde Paris par sa fenêtre. Est-ce que tout le monde voit le même Paris ? Non. À tel point que si à un moment donné, une personne du rez-de-chaussée et une du 3èmeétage se rencontrent et parlent de ce qu’elles voient de leur fenêtre, elles ne vont pas se comprendre. Le mode de fonctionnement de ceux du rez-de-chaussée de la Tour Eiffel est de voir un certain nombre de détails qui s’accumulent et  forment une image mentale ; les choses se déroulent dans le temps. C’est leur fonctionnement naturel. Quand on est en mode fonctionnement 3èmeétage, les détails n’existent pas. On ne les comprend pas, on ne les voit pas. En revanche, on a une vue d’ensemble beaucoup plus grande. À ce moment-là, on n’analyse pas les choses comme au pied de la Tour Eiffel, on s’en imprègne, on les absorbe, on fait comme une éponge. Ce sont deux fonctionnements complètement différents. Si je rapproche ça au niveau du cerveau. Le néocortex a deux hémisphères. Le gauche qui gère préférentiellement tout ce qui est concret, logique, rationnel, la parole, l’analyse/synthèse. Ainsi j’appelle « cerveau gauche » (avec des guillemets car c’est un abus de langage) ceux des « pieds de la Tour Eiffel ». Ce n’est pas un jugement de valeur. L’hémisphère droit gère préférentiellement tout ce qui est intuition, sensibilité, créativité. Donc j’appelle « cerveau droit » ceux du 3èmeétage.

 

Quand on évolue, on va toujours de ce que l’on connaît vers ce que l’on ne connaît pas. Pour les « cerveau gauche », mode pied de Tour Eiffel, le connu c’est la Terre, l’inconnu c’est le ciel. Pour les 3èmeétage, « cerveau droit », le connu c’est le ciel, l’inconnu c’est la Terre. Sur plein de plans, ils fonctionnent en sens inverse. L’ancrage des « cerveaux gauches » est un ancrage à la Terre. L’ancrage des « cerveaux droits » est un ancrage dans le ciel. Les bébés « cerveau droit », au moment de leur naissance se retrouvent dans un grand état d’insécurité parce qu’ils sont propulsés vers quelque chose qu’ils ne « connaissent » pas. Ils n’ont pas intérieurement le référentiel. On se retrouve avec des bébés beaucoup plus éveillés qu’avant. Ils naissent pratiquement les yeux grands ouverts, ils regardent comme s’ils étaient des grands sages, qui ont déjà tout compris. Et en même temps, ce sont des bébés qui ont tendance à pleurer beaucoup parce qu’ils sont en insécurité. C’est des bébés qui ont besoin d’être beaucoup dans les bras de leur maman. La maman ne l’aura jamais trop contre elle.

 

Vous l’expliquez dans votre livre, un bébé qui pleure s’exprime…

Il n’a pas d’autres moyens pour dire qu’il ne va pas bien.

 

Et ce n’est pas forcément un caprice ?

Ça n’existe pas le caprice chez un bébé. C’est notre interprétation. Un enfant deviendra « capricieux » que s’il ne va pas bien. Un enfant qui va bien n’a aucune raison de devenir soi-disant capricieux.

 

C’est sa façon d’attirer l’attention et d’exprimer son mal-être ?

Oui, il exprime son mal-être en pleurant. La maman doit utiliser une écharpe de portage car le bébé est beaucoup plus sécurisé dans l’écharpe que dans les porte-bébés ou le « kangourou ». Le contact avec la maman n’est pas du tout le même. Avec une écharpe, il se retrouve contre sa maman surtout quand il est face à l’extérieur, à ce moment-là sa colonne vertébrale est contre le sternum de sa maman, il se retrouve os à os en contact. Les vibrations passent par les os. Il se retrouve comme in utéro.

 

Ça le rassure ?

Oui. Comme le bébé veut voir, la maman est souvent amenée à le porter de face. Pas de souci, il peut « affronter » le monde en toute sécurité. Ceci est uniquement valable pour le portage en écharpe. Par contre il n’est pas en sécurité dans les poussettes actuelles, face à la rue. Comme le Petit Prince et son renard, Il faut les accompagner pour qu’ils « apprivoisent » la Terre. Pour certains, l’apprivoisement va se faire relativement vite et facilement et pour d’autres c’est beaucoup plus compliqué. Et quand ça devient très compliqué, c’est souvent ceux qui se retrouvent avec l’étiquette autiste. Ceux-là ont tellement peur qu’ils sont terrés à l’intérieur d’eux.

 

 

Découvrez la suite lundi prochain…

 

 

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Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA

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