Marie-Laure Jacquet est sophrologue et dirige l’Institut National d’Enseignement de la Sophrologie (INES) à Paris. Master Spécialiste en Sophrologie Caycédienne, formée directement par le professeur Alfonso Caycédo, fondateur de la Sophrologie, dont elle fut l’une des dernières élèves, elle est également titulaire d’un DEA de droit du travail. Elle intervient comme consultante en entreprise sur les risques psychosociaux et comme sophrologue. Son livre « S’épanouir professionnellement grâce à la sophrologie » est paru aux éditions Josette Lyon.

 

http://www.editions-tredaniel.com/sepanouir-professionnellement-grace-la-sophrologie-p-7894.html

 

Pour découvrir son univers :

http://www.sophrologiepourtous.com/index.html

 

 

Marie-Laure Jacquet est mon invitée des « Rencontres lumineuses ». La sophrologie est mise à l’honneur en ce mois de septembre. Chaque lundi, je vous partagerai une partie de son entretien. Je la remercie de sa disponibilité et de ses conseils pour bien démarrer la rentrée.

 

 

 

 

Quand un salarié rencontre des difficultés sur son lieu de travail, que peut-il faire avant de tomber en dépression ?

La réponse est très différente selon le contexte de l’entreprise où il travaille. Car ce qui semble le mieux n’est pas toujours envisageable.

 

  • Parler

L’idéal est de parler de la difficulté mais à qui … ?

Dans l’Entreprise : Le supérieur hiérarchique semble le mieux placé pour apporter les modifications qui seraient nécessaires. Mais parfois, il est à la source du problème ! On peut alors envisager d’en parler au niveau supérieur ou bien à la DRH.  Éventuellement aux représentants du personnel. Le plus important est de ne pas garder la difficulté pour soi.

Parallèlement, il faut évoquer la difficulté dans son entourage personnel. De bons conseils peuvent arriver par des tiers qui n’ont pas « le nez dans le guidon ».

Mais si cela ne suffit pas, il faut demander l’aide d’un professionnel comme un sophrologue. Celui-ci peut vous aider à mettre de la distance avec la situation, vous aider à porter un autre regard dessus et vous faire travailler la confiance en vous en vous aidant à définir des stratégies d’adaptation et d’évolution.

 

  • Changer

Si la communication et l’information ne suffisent pas à faire évoluer positivement le problème, il faut devenir soi-même, l’acteur du changement. Envisager de changer de poste, de service et même d’entreprise. C’est-à-dire ne pas rester statique dans la situation créatrice de souffrance. Ne pas l’accepter ou la subir mais chercher à s’en dégager.

 

  • Prendre soin de soi

Il ne faut pas non plus attendre trop longtemps avant d’évoquer avec son médecin les premiers signes de somatisation, c’est-à-dire les premiers symptômes d’une santé qui se détériore : problème de sommeil, angoisse et anxiété inhabituelles, fatigue chronique et épuisement, nervosité excessive, etc… Celui-ci peut estimer qu’une période de repos et d’éloignement de la vie professionnelle est nécessaire pour permettre le rétablissement et prescrire un arrêt de travail.

 

 

 

Quels exercices de sophrologie pourriez-vous partager avec les internautes notamment quand ils sentent le stress arriver ?

Nous avons tous à notre disposition dans ces moments-là, un outil magique et de plus gratuit : il s’agit de la respiration. Le problème vient du fait que le stress installé nous fait perdre toute logique d’action et que nous n’arrivons plus à nous souvenir de ce qu’il conviendrait de faire pour agir efficacement et le gérer. Chacun devrait noter sur son agenda ou sur un pense bête bien visible, le mot RESPIRER.

Deux types de respirations pourront nous aider :

 

  • 1/ Ramener le calme par une respiration abdominale profonde.

En position assise (derrière son bureau) ou debout (dans l’ascenseur) ou même si nous sommes de retour chez nous, en position allongée, il faut poser ses deux mains bien à plat sur le ventre. Puis inspirer doucement par le nez en sentant que l’air qui entre a pour effet de nous faire gonfler le ventre, ce qui fait que nous sentons que nos mains sont poussées en avant. Puis, expirer lentement par la bouche en essayant que cette expiration ait une durée au moins égale au double de la durée de l’inspiration. Le ventre revient alors à son point de départ. Faire ainsi un minimum de 5 respirations profondes.  Et recommencer plusieurs fois au cours de la journée. En respirant ainsi nous allons mieux oxygéner notre cerveau qui va retrouver la capacité de mieux gérer nos émotions, nos pensées et bien sûr le fonctionnement de notre corps.

 

  • 2/- Expulser en dehors de notre corps les effets négatifs de notre stress.

Pour cet exercice, nous adopterons un autre type de respiration, auquel nous associerons des contractions musculaires. En position assise, nous inspirerons, puis nous bloquerons l’air dans la poitrine.  Nous resterons dans ce temps de rétention poumons pleins aussi longtemps que nous le pourrons et simultanément nous contracterons tous les muscles d’une partie de notre corps que nous sentons bien marqués par le stress (tête, épaule, dos, ventre) ou même l’ensemble de notre corps. Puis quand nous aurons besoin d’expirer, nous le ferons d’un seul coup en jetant l’air hors de nos poumons vers l’extérieur et en pensant que dans cette expulsion, nous jetons hors de nous les tensions qui s’y trouvent, que ces tensions soient corporelles, émotionnelles ou mentales. Au bureau, il est possible de s’isoler aux toilettes pour effectuer cet exercice discrètement.

 

D’autres techniques existent mais elles nécessitent d’être apprises auprès d’un sophrologue avant que l’on puisse les réaliser seul.

 

 

On parle également beaucoup du bonheur. Pensez-vous que le bonheur au travail soit possible aujourd’hui ?

Plutôt que de bonheur au travail, je pense qu’il vaut mieux parler d’épanouissement au travail. Si cet épanouissement s’installe et est réel, il deviendra l’un des composants de notre bonheur de vivre. C’est-à-dire qu’il y contribuera car le bonheur est un concept subtil qui n’a de sens que s’il englobe tous les aspects de notre vie.

 

 

Pour conclure, si vous aviez une baguette magique, à quoi vous servirait-elle ?

A changer le regard des gens sur leur vie professionnelle afin qu’ils n’y voient pas uniquement un moyen de subvenir à leurs besoins de base mais y trouvent aussi la reconnaissance de ce qu’il leur apporte. Il est important de prendre conscience que le travail est un moyen de se valoriser, de trouver sa place dans la société, d’offrir à ses enfants l’éducation que l’on souhaite, de grandir, de se faire plaisir par ce qu’il permet de nous offrir, de donner un sens à notre vie…  Autant de richesses qui sont masquées par un regard banalisé et une culture de plainte que nous trainons derrière nous.

Bien sûr, cela ne concerne pas les véritables souffrances au travail, produites par des conditions réellement inacceptables et contre lesquelles nous devons réagir.

 

 

 Retrouvez les articles précédents :

http://valeriemotte.com/marie-laure-jacquet-1-4/

http://valeriemotte.com/marie-laure-jacquet-2-4/

http://valeriemotte.com/marie-laure-jacquet-3-4/

 

 

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Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA

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