Roger Fiammetti est kinésithérapeute et ostéopathe en Belgique, il a mis au point l’ostéopathie somato-émotionnelle. Il est également conférencier et auteur. Son dernier ouvrage « Se libérer du sentiment d’abandon et des angoisses de séparation » est paru aux éditions Guy Trédaniel.

https://www.editions-tredaniel.com/se-liberer-du-sentiment-dabandon-et-des-angoisses-de-separation-p-9455.html

 

Pour découvrir son univers :

https://www.fiammetti.com

 

 

Les « Rencontres lumineuses » de novembre sont consacrées à la libération du sentiment d’abandon et des angoisses de séparation. Roger Fiammetti est mon invité. Je le remercie de son éclairage et de nos échanges par mail.

 

 

 

Quelles sont les clés pour se libérer du sentiment d’abandon ?

Prendre le problème à la base et ne pas ignorer cette période, de la vie intra-utérine à 10 mois après la naissance. Ne pas commettre les erreurs du départ. Ensuite, comme les séparations sont inévitables, aller détecter quelles sont les émotions qui ont parasité ces moments et permettre à la personne, à l’enfant, à l’adulte de libérer les nœuds dans le corps afin de pouvoir se représenter autrement, plus positivement l’événement et ne plus le considérer comme un abandon. 

 

Et des angoisses de séparation ?

L’angoisse de séparation dépend surtout de la petite enfance et de la période d’attachement, de la perception préférentielle que l’enfant aura mis en place selon les traumas de séparation ou de rejet qu’il aura pu vivre. Cet ouvrage a pour objet de mettre en avant l’information que tout se joue avant 6 ans, mais surtout durant la vie intra-utérine et dans la première année de vie de l’enfant. 

Gilbert Cesbron titrait son roman : « C’est Mozart qu’on assassine », et je dirai que nous pouvons éviter ce drame par une information, qui, j’espère, aboutira à travers la diffusion de ce livre. 

 

Comment appréhender le deuil quel qu’il soit ?

Le deuil est consécutif à une séparation inévitable. La mort est le sujet le plus évité, alors que c’est la seule certitude incontestable que nous possédons. Il est par exemple indispensable de laisser les enfants assister aux obsèques pour qu’ils puissent établir un processus de deuil. On a parfois tendance à dire que l’enfant est trop petit, qu’il ne comprend pas, mais on oublie qu’il capte tout, dans un état hypnotique, lié à cette période. Rappelons-nous que l’enfant enregistre tout dans son disque dur de 0 à 6 ans et que sa présence aux obsèques sera enregistrée dans son subconscient, même s’il a 2 ans. En revanche, l’empêcher d’assister à ces obsèques aura des conséquences négatives, il pourrait développer un sentiment d’abandon. 

Donc, n’hésitez plus à emmener vos enfants aux obsèques. Emportez des jeux et laissez-les jouer. Il n’y a rien d’obscène à ce qu’un enfant joue pendant des funérailles. Cela pourrait faire partie des vœux du défunt d’ailleurs. « Je veux qu’on rie, je veux qu’on danse, je veux qu’on s’amuse comme des fous, je veux qu’on rie, je veux qu’on danse, quand c’est qu’on me mettra dans le trou » chantait Jacques Brel dans Le moribond.

Le deuil de son enfance, le deuil de son ancienne maison, le deuil de son union, de son mariage qui laissent place à la vacuité doivent, plutôt que de laisser s’insinuer de la tristesse, des regrets, de la colère, de la rancune, de la trahison, permettre de prendre conscience de ce vide qu’il faut remplir avec autre chose, de mieux, de différent. La séparation peut aussi être une libération. L’enfant qui vit un enfer dans le ventre de sa mère, battue par son mari, peut se sentir libéré une fois expulsé. La mère qui n’en peut plus, peut aussi se sentir libérée une fois l’accouchement réalisé. De même, elle peut se sentir libérée quand après trente ans de mariage, elle se sépare d’un époux tellement étouffant et énergivore. Un deuil peut être interprété avec la vision positive des avantages plutôt que des inconvénients. Combien de fois n’avons-nous pas entendu les survivants dire du défunt : « Il souffrait tellement, c’est tellement mieux pour lui qu’il soit enfin soulagé ». Les séparations sont inévitables. Selon notre bagage psycho-émotionnel, nous les gérons plus ou moins bien. Elles insinuent un deuil et je pense que si on évacue l’émotion cristallisée dans le corps, on pourra mieux dédramatiser, relativiser, dépassionner une situation. La société est en pleine évolution notamment avec de plus en plus de relations virtuelles. Qu’est-ce que cela démontre ? Un monde en séparation ? Non seulement le monde est de plus en plus individualiste, mais on assiste à une séparation de gens d’eux-mêmes. Les enfants sont scotchés devant leur écran de Smartphones, ils sont en lien avec un monde totalement virtuel. Ils sont informés par un lot de fake news en permanence. J’insiste tellement sur le contact, la communication que les parents doivent offrir à leur enfant lors des premières années de vie et je n’arrête pas de constater que de plus en plus d’enfant en bas âge manipulent des Smartphones pour s’occuper, pour ne pas déranger. Boris Cyrulnik nous met en garde contre l’utilisation de ces écrans qui empêchent le bon développement du cortex préfrontal. Arrêtons de priver nos enfants d’un bon développement cérébral et affectif par notre démission parentale. La faute à cette société de consommation où tout va trop vite, où les parents n’ont même plus le temps de récupérer. Donc, oui je pense que le monde est en séparation, que les parents se séparent de leur mission et de leur enfant par manque de temps, d’énergie et que les gens finissent par se séparer d’eux-mêmes. N’est-ce pas là le pire des abandons ? 

 

 

Découvrez la dernière partie lundi prochain…

 

Retrouvez les articles précédents :

https://valeriemotte.com/se-liberer-sentiment-dabandon-angoisses-de-separation-roger-fiammetti-1-4/

https://valeriemotte.com/se-liberer-sentiment-dabandon-angoisses-de-separation-roger-fiammetti-2-4/

 

 

 

Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA

Copyright : Valérie Motté

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