Portrait Frédéric Mars                         Couv Tout le bonheur du monde tient dans ta poche

                                  Crédit Photo : Stéphane de Bourgies

 

Frédéric Mars est auteur. Son dernier roman « Tout le bonheur du monde tient dans ta poche » vient de paraître aux éditions French Pulp.

Une jolie histoire empreinte d’espoir, d’amour et de bienveillance, un retour à la vie.

 

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J’ai rencontré Frédéric il y a une dizaine d’années lors d’une soirée littéraire. Une connaissance commune nous a présentés et depuis notre amitié n’a fait que se renforcer. Il est précieux à mon cœur. Je lui suis reconnaissante car il a m’a ouvert les portes de l’édition et m’a confié les clés. Grâce à lui, j’ai pu être publiée et depuis je suis mon chemin.

Il est mon invité des « Rencontres féeriques ». Chaque jour de cette semaine, vous découvrirez une partie de son interview réalisée par téléphone. Je le remercie de sa confiance, de sa simplicité et de son authenticité.

 

Dans ton livre, il y a ces deux femmes qui récupèrent ces apprentis suicidés. Il y en a une que tu surnommes la fée. Pourquoi ?

C’est pour une raison très physique, elle ressemble à une fée telle la marraine dans Cendrillon. Physiquement je me la représentais ainsi et puis elles sont toutes les deux des bonnes fées par rapport aux personnes qu’elles accueillent chez elles. Elles sauvent des gens, elles leur apportent un réconfort et un bien-être avec un truc magique car elles ne prononcent aucun mot. C’est une sacrée performance, une prouesse. Il y a un côté extraordinaire dans leurs capacités à réconforter et à ramener à la vie sans un seul mot. Il n’y a rien de l’ordre de l’argumentaire ou de la conviction dans la thérapie qu’elles offrent à ces gens. La thérapie passe juste par leur sourire, leur présence, leur bienveillance, par des petits trucs très concrets comme de la bonne cuisine et des petites choses du quotidien. Tout cet ensemble-là ramène les gens à la vie, mais ce n’est certainement pas un argumentaire poussif, scolaire ou même très fondé comme lorsqu’on va chez un psy. Il n’y a rien de tout ça, c’est donc un peu magique.

 

Que représente pour toi la féerie du coup ?

Je ne la perçois pas comme toi tu la perçois parce qu’elle est moins présente dans ma vie au quotidien. La féerie à tout point de vue c’est de la présence. De la présence de personnes, presque surnaturelle mais d’événements qui sont de l’ordre des éléments ou de la nature. C’est l’irruption dans ma grisaille, dans mon quotidien, dans mes problèmes, de quelque chose qui me réjouit. Ce n’est peut-être pas assez fréquent malheureusement mais c’est peut-être aussi un manque de vigilance de ma part. J’ai la chance contrairement à toi de ne pas être allergique au chat et d’avoir un chat avec moi. Honnêtement il y a au moins une fois par jour où je suis émerveillé par ce qu’il est. Ce qui est important dans la vie, c’est de trouver son ou ses champs  d’émerveillement. L’écriture fait partie de mon champ d’émerveillement, ce qui est chouette aussi. Malgré toutes les difficultés de mon métier, je m’estime extrêmement chanceux parce que j’ai trouvé ce champ-là.

 

Enfant, tu étais quel genre de petit garçon ?

Extrêmement rêveur, je vivais complètement dans ma bulle. Je lisais énormément, j’écoutais beaucoup de musique. Pour moi la vraie vie était là plus que dans les sorties avec les copains.

 

Tu étais assez solitaire finalement ?

Oui assez solitaire mais pas complètement coupé du monde. Je me suis plus ouvert au début de l’âge adulte. Je n’ai pas le souvenir de quelque chose de souffrant. J’adore les rêves aussi. J’ai toujours eu des rêves extrêmement riches, nourris et construits avec de vrais scénarios.

 

Tu les notes ?

Par période je les ai notés et je regrette de ne pas l’avoir fait à chaque fois car j’en ai fait des incroyables. J’en ai eu des récurrents, je m’en souviens encore de tête. J’en fais encore très régulièrement mais aujourd’hui je les note.

 

Tu t’en sers dans tes histoires ?

Pas forcément parce que ça me semble construit pour moi mais ce sont plutôt des symboles. Ca n’a pas à être quelque chose de signifiant et d’intéressant pour les autres. C’est d’une puissance évocatrice très forte pour moi. Il y a des constructions de lieux qui relèvent presque de la SF. Quand je me réveille d’un rêve comme ça, je suis émerveillé.

 

Est-ce qu’aujourd’hui ton petit Frédéric vient te parler ? Si oui, que te dit-il ?

Il est parfois trop présent. Il n’est pas complètement réparé alors quand il revient avec ses douleurs, il m’embête plus qu’il ne m’aide.

 

Est-ce que finalement il ne te fait pas un cadeau en venant à toi pour que tu accueilles ses bobos et que tu l’aides à les guérir ?

De ce point de vue-là, on peut dire ça mais c’est quand même pour moi encore un combat d’avoir à le rassurer, à lui dire que tout se passe bien et que tout va bien se passer. Ce n’est pas encore un truc résolu pour moi. Il y a encore du boulot. Je vis avec et puis j’ai conscience que c’est aussi lui qui m’a fait tel que je suis, cette créativité, cette réceptivité, je les lui dois pour une bonne part et sans doute à ceux qui l’ont précédé, que ce soit moi sous d’autres incarnations ou juste mes ancêtres. J’en suis reconnaissant. Mais il y a encore une part de choses à porter et à résoudre.

 

Découvrez la suite demain…

 

 

Valérie Motté

"AVEC NOS PENSÉES NOUS CRÉONS LE MONDE" BOUDDHA