Louis Bertignac est un artiste au parcours incroyable. Il a marqué les années 80 avec son groupe de rock Téléphone. Le succès de la tournée des Insus démontre bien qu’il reste dans le cœur des français mais les mots me manquent pour présenter un si grand musicien.  Son album solo Origines est sorti le 16 novembre dernier, jour où je l’ai interviewé.

 

Pour suivre son actualité :

www.bertignac.com

 

Louis Bertignac est mon invité des « Rencontres féeriques ». Chaque jour de la semaine, vous découvrirez une partie de notre échange. Je le remercie chaleureusement de sa disponibilité, de sa simplicité et de sa générosité.

 

 

 

Quand vous êtes sur scène, il y a ce moment de communion avec les musiciens mais aussi avec le public. Que représente le partage pour vous ?

C’est un peu ma raison de vivre. Si on ne partage pas où est l’intérêt de vivre des choses. Je me suis souvent rendu compte de ça. Quel intérêt d’être dans un sublime hôtel de rêve si on est tout seul ? Ça ne sert à rien. J’aime autant avoir une petite chambre pourrie. Le partage, c’est la vie. Sinon ça veut dire quoi ? On naît, on vit, on meurt, c’est complètement con. Dans ce cas-là, la vie n’a aucun sens. Quand on donne aux autres, c’est bon. Je trouve que je devrais donner plus mais il y a ma timidité, il y a des trucs qui interviennent. Je devrais plus partager avec mes amis.

 

Vous êtes sur la réserve ?

Oui un petit peu.

 

Pourquoi ?
Sauf quand je commence à déconner, je me lâche mais je ne raconte pas ma vie. Mes vieux potes connaissent ma vie donc je n’éprouve pas le besoin de la raconter.

On est très bien ensemble et c’est super. Il arrive que je n’ai pas envie de gâcher ces moments à dire je t’aime. Je ne le fais que très rarement.

J’ai l’impression que ça serait du gâchis mais pourtant je sais que ça fait du bien de l’entendre. Je dis des mots à ma douce pour qu’elle sache que je suis toujours là, que je pense à elle et qu’elle ne s’inquiète pas.

 

Vous me faites une super transition car j’allais vous demander ce que représente l’amour pour vous ?

On revient à ce partage, l’amour c’est ça. Etre content de se retrouver avec des personnes qui comptent pour nous et avec lesquelles on n’a pas besoin de parler. Mais on peut aussi parler de sujets qui  nous intéressent, on est dispo les uns pour les autres. S’il y a un problème, on est là pour écouter et essayer éventuellement de trouver une solution ensemble. Mais ce n’est pas se retrouver uniquement quand il y a des problèmes.

 

Ça peut être juste pour passer du bon temps…

C’est simplement être là ensemble et vraiment essayer de ne pas abîmer…

 

C’est-à-dire ?

De ne pas abîmer l’autre parce qu’on a vite fait de l’abîmer. Parfois on n’est pas content, il y a plein de choses qui ne vont pas et vous pouvez mal répondre à une question que votre amoureuse vous pose juste parce que vous êtes contrarié par un élément qui ne la concerne pas. C’est très mauvais alors j’évite de me comporter ainsi. J’essaie de me calmer, elle m’aime, je l’aime alors je me refuse à bousiller le moment présent. Je lui dis que je suis en colère, que j’ai été chagriné par tel truc et je m’excuse.

 

Vous parvenez à faire ça ?

Oui étonnamment.

 

C’est chouette.

Je me surprends à me contenir, à rattraper le truc.

 

Et puis surtout à dire les choses, c’est ça qui est intéressant.

Oui c’est ça qui est intéressant. J’ai découvert un truc génial – comme j’ai le trac quand je monte sur scène – je commence à dire au public que j’ai le trac et du coup je ne l’ai plus. C’est génial !

 

Ça libère…

Oui alors que si on ne le dit pas, on va essayer de faire croire qu’on n’a pas le trac et c’est là qu’on va être mauvais.

 

On va revenir à l’amour.

C’est un vaste sujet. Si on parle de l’amour avec les filles, ce n’est pas le même que celui que je vais avoir avec mes enfants bien que…

 

Vous êtes quel genre de papa ?

Je ne suis pas gâteau mais je fais tout ce qu’il faut pour que ça aille bien, pour qu’elles m’aiment aussi. On s’adore. On s’envoie des mots d’amour tout le temps.

 

C’est beau !

J’essaie avant tout d’être bienveillant.

La bienveillance résume qui je suis avec les gens que j’aime.

 

Ça revient à ce que vous disiez précédemment concernant votre amoureuse  et le fait de ne pas abîmer l’autre.

Tout part de ce genre de sentiment. Il y a la gentillesse, j’essaie d’être gentil mais c’est un peu la même chose finalement.

Je crois que bienveillant englobe pas mal de trucs. Je veux le bien autant pour ma douce que pour mes enfants et mes potes. Je veux qu’ils soient heureux, qu’ils se sentent bien. Quand ils sont là et même quand ils s’en vont. Je ne peux pas supporter qu’un proche n’aille pas bien et surtout que ce soit de ma faute mais je fais attention.  Je peux être assez psychologue, essayer de donner des conseils, je ne veux pas non plus qu’ils se reposent sur moi parce que ce serait une erreur.

 

La bienveillance serait un ingrédient de l’amour ?

Pour moi c’est le plus important. Après l’amour c’est un sentiment. La bienveillance c’est une façon de faire avec les gens qu’on aime mais l’amour c’est une sensation que j’ai. Je suis attiré par ces gens-là. C’est pour ça aussi qu’on parle des filles, des femmes de ma vie et du sexe. Tout se mélange mais il ne peut pas y avoir de sexe sans amour. Je suis formel à ce sujet-là. Il ne peut pas y avoir de bon sexe  s’il n’y a pas l’amour total pour une personne.

 

Ah oui ?

Oui je crois. J’ai des souvenirs de moments sympas, rigolos mais… Avec ma douce, tout est beau, tout est charmant depuis dix ans. C’est fort !

 

C’est magnifique !

Elle s’est royalement introduite dans cette relation en adorant mes filles, mes filles l’ont adorée tout de suite. Si bien qu’on a fini par faire un enfant malgré la différence d’âge énorme, 34 ans. Elle voulait un enfant et je sentais que c’était le seul truc qui lui manquait, je ne pouvais pas continuer à lui refuser même si je me trouvais trop vieux.

 

Pour vous c’est une preuve d’amour ?

Oui qu’elle veuille un enfant est une preuve d’amour et que je lui en fasse un aussi. Je pensais qu’il était tard pour moi mais je voulais qu’elle soit heureuse. Je ne voulais surtout pas que ça s’arrête entre nous. Je ne pouvais pas la jouer égoïste mais quel âge aura mon fils quand je vais mourir, ça me fait de la peine d’y penser…

 

Ça vous interpelle ?

Oui quand même. J’ai eu la plus grande de mes filles à 50 ans et le petit à 62 ans. C’est bizarre quand même. Mes parents m’ont eu à 25 ans.

 

Mais c’était une autre génération, il y a des femmes aujourd’hui qui ont leur premier enfant à plus de 40 ans parce que le monde a changé. Et puis je dis – mais ce n’est que mon point de vue – que les âmes choisissent la famille où elles veulent s’incarner. Si cette petite âme n’avait pas voulu venir chez vous, elle serait allée ailleurs.

Oui on va dire ça. Il est bien tombé. Je ne sais pas s’il nous a choisis mais il a bien choisi parce qu’on l’adore.

 

Découvrez la dernière partie demain…

 

Retrouvez les articles précédents :

http://valeriemotte.com/louis-bertignac-1-5/

http://valeriemotte.com/louis-bertignac-2-5/

http://valeriemotte.com/louis-bertignac-3-5/

 

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Valérie Motté

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